Tour du Monde – Bilan à 1 an !

Pour une petite ambiance musicale en plus, c’est par ici !

Ca y est, nous y sommes, nous avons dépassé l’anniversaire de notre départ pour ce voyage ! (Et même depuis quelques mois déjà, mais il nous a fallu un peu de temps pour pouvoir mettre tout ça par écrit !). Nous avons décidé de vous faire un nouveau petit bilan de ce qu’il se passe dans nos têtes au bout d’un an loin de chez nous, embarqués corps et âme dans ce voyage !

qdv

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit en Nouvelle-Zélande. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

De même que pour notre premier bilan, il ne s’agit que de nos réflexions personnelles et elles ne sauraient être applicables à toute personne réalisant un voyage long !

N’hésitez pas d’ailleurs à réagir, à nous dire ce que vous en pensez et à nous partager vos propres questions/enseignements/pensées.

Ce que nous nous sommes rendus compte en allant relire notre bilan à 6 mois, est que nos réflexions ne sont pas forcément sur le même champ. Cela semble normal lorsque l’on considère le fait que nous avons complètement changé de façon de voyager entre temps !

Notre van australien – article à venir !

Tandis que nos 6 premiers mois ont été consacrés au voyage en sac à dos, en stop et en transport en commun en Amérique du Sud, les 6 suivants ont été réalisés avec notre propre véhicule, une mini-maison roulante, et en Océanie. Que ce soit sur les plans culturels, linguistiques, climatiques, économique, etc., cela n’a absolument rien à voir !

Mont Sunday – Nouvelle-Zélande

♦ Un changement de mode de voyage très apprécié

Après 7 mois de roulage de bosse en Amérique du Sud, nous n’étions pas mécontents de changer de continent mais surtout de mode de voyage ! Nous avons entamé avec joie cette nouvelle étape à bord de notre van en Nouvelle-Zélande puis en Australie : plus de sac à dos à faire et défaire et à jeter sur l’épaule. Une nouvelle sorte de stabilité s’installait du fait que nous avions une sorte de « chez nous » : un endroit où nous pouvions étaler nos affaires, dormir dans le même lit chaque nuit et même s’offrir des petits plaisirs en achetant quelques vêtements supplémentaires par exemple (notamment car il faisait froid !), des bouquins (la liseuse ne remplace jamais le plaisir d’un vrai livre !), des épices pour cuisiner, etc.

Préparation du van – Nouvelle-Zélande

Nous avons retrouvé également avec grand plaisir le fait d’avoir une cuisine et la possibilité de stocker de la nourriture, nous permettant de retrouver un certain contrôle sur notre alimentation. Eh oui car en voyage, on ne choisit pas toujours ce que l’on mange et à la longue, manger au restaurant, dans la rue, ou un repas simple lorsqu’on a la chance d’avoir une auberge avec une cuisine (car rien ne pourra être stocké le lendemain dans nos sacs à dos), fait regretter la possibilité de cuisiner ce que l’on veut ! Dans le van, nous avons pu nous faire des curry de toutes sortes, des soupes, des pancakes, des moules ou encore stocker du chocolat, des fruits, du cidre frais, etc.

Notre cuisine néo-zélandaise

Notre cuisine australienne !

Quelques repas maison…

Nous avons également retrouvé le plaisir de pouvoir nous déplacer où bon nous semble et quand on veut ! Finis les trajets de bus à horaire fixe, les multiples changements de transport pour rejoindre les endroits plus reculés, les négociations sur le prix des taxis, etc. Avec notre van, nous pouvions rouler autant de temps que nous voulions, partir très tôt le matin pour profiter le plus longtemps possible des heures ensoleillées de la journée, rejoindre les départs de randonnée complètement perdus à l’écart des grands axes ou faire des détours de plusieurs kilomètres pour aller voir une forêt ou un lac (chose qui demande beaucoup plus de réflexion lorsque l’on est en stop avec un sac de 12kg et que l’on risque de se retrouver dans un endroit où personne ne passe !).

Notre van australien

Nous avons quitté l’espagnol qui nous avait accompagné pendant 7 mois pour plonger dans l’anglais et nos visages blancs sont de nouveau passés inaperçus auprès des locaux. Nous avons bel et bien eu l’impression de démarrer un voyage complètement différent, une nouvelle page, qui s’est accompagnée d’une nouvelle motivation !

Jervis Bay -Australie

Après 3 mois en Nouvelle-Zélande et près de 3 mois en Australie, nous sommes aujourd’hui en Asie, de nouveau en mode tortue avec nos sacs à dos. Nous pensions que la transition allait être un peu difficile… pas du tout ! Nous étions très contents de changer encore une fois de mode de voyage, de revenir au mode « piéton », de retrouver les auberges de jeunesse, leur animation et les possibilités de rencontres avec d’autres voyageurs, de retrouver un autre type de confort que nous n’avions pas avec le van qui est un lit au chaud et une douche chaude tous les jours et de replonger dans un bain culturel différent après des mois de vie à l’anglo-saxonne. Nous étions contents de changer aussi, simplement pour le plaisir de changer !

Wellington – Nouvelle-Zélande

♦ En van : chacun chez soi…

Une des différences marquantes avec le fait de voyager en van est que nous avons tissé beaucoup moins de lien avec d’autres personnes, que ce soit voyageurs ou locaux. En effet, étant en hiver en Nouvelle-Zélande, la plupart des autres voyageurs en van qui se retrouvaient comme nous sur le même camping pour passer la nuit, n’avaient pas franchement envie de mettre le nez dehors et d’entamer la discussion avec leur voisin lorsqu’il commençait à geler.

Mont Cook – Nouvelle-Zélande

Notre van gelé ! – Paradise Road – Nouvelle-Zélande

En général, chacun s’installait, cuisinait rapidement pour ne pas avoir trop froid et se calfeutrait bien au chaud sous sa couette. Nous avions donc peu d’occasion d’échanger ! En Australie, ce fut un peu la même chose, ce n’était pas l’hiver mais nous avons finalement croisé très peu d’autres vans comme le nôtre. La plupart de nos voisins étaient des australiens avec d’énormes camping-car-maison et qui n’avaient pas forcément envie d’en sortir.

Près de Armidale – Australie

Nous avons eu de nombreux contacts avec des locaux, échanges de quelques minutes très sympathiques mais cela allait rarement plus loin. De plus, cuisinant quasiment tout « à la maison » et ne sortant pas boire un verre par exemple (notre budget ne nous autorisait pas forcément ce genre de petit plaisir), nous étions assez peu dans des lieux d’échanges. Dans ces cas-là, il vaut mieux bien s’entendre avec son/sa partenaire de voyage 😉

Péninsule de Banks – Nouvelle-Zélande

Fort heureusement, notre besoin de contact social s’est vu nourri par le temps que nous avons passé en volontariat à Auckland où nous avons tissé des liens très forts avec la famille qui nous a ouvert sa porte, ainsi qu’à une poignée de rencontres avec des voyageurs qui furent particulièrement intenses, au point que nous ressortons de cette période avec quelques nouveaux amis pour la vie.

Avec Marine et KévinWellington – Nouvelle-Zélande

Petit-déjeuner à 4 – Nouvelle-Zélande

♦ Des voyageurs différents selon les continents

Nous avons toutefois pu noter quelques différences concernant les « types » de voyageurs que nous avons rencontrés ou croisés. Attention, nous faisons ici des généralités, ce n’est pas du tout représentatif de TOUTES les personnes qui voyagent dans tel ou tel pays ! Disons qu’il s’agit plutôt d’une tendance générale attachée à notre observation.

Sydney – Australie

En Australie et Nouvelle-Zélande, nous avons eu l’impression de rencontrer beaucoup plus de voyageurs très jeunes (entre 19 et 25 ans) pour lesquels il s’agissait souvent d’un premier voyage, contrairement à l’Amérique du Sud où nous croisions des voyageurs d’une tranche d’âge plus importante (25-35 ans) et ayant déjà de la bouteille. Cela semble compréhensible, la Nouvelle-Zélande et l’Australie sont des destinations lointaines et qui font extrêmement rêver tous les aventuriers modernes tout en restant ultra-safe, assez faciles à s’adapter car peu différents de notre culture, et donc idéal pour un premier voyage. L’Amérique du Sud est un peu différente et demande toute de même un effort d’adaptation un peu plus grand !

Queenstown – Nouvelle-Zélande

Ainsi nécessairement, les comportements en voyage entre les deux pays nous ont paru un peu différents. Nous avons eu l’impression de trouver plus de fêtards par exemple, des gens en recherche d’expériences fortes (saut à l’élastique, fête sur des bateaux, etc.), alors qu’en Amérique du Sud, nous rencontrions des gens plus calmes, plus aventureux peut-être car préférant se débrouiller seuls, sans agence ou guide, en faisant du stop. En tout cas nous avons ressenti une certaine distance avec beaucoup de voyageurs que nous avons côtoyés dans les auberges et dans les salles communes des campings : beaucoup de plaintes concernant le confort des installations (qui étaient pour nous royales), peu d’intérêt pour les spécificités du pays visité, des discussions autour des attractions touristiques et des clubs branchés (et là encore beaucoup de plaintes sur les tarifs…).

Jervis Bay – Australie

Mais nous ne jetons la pierre à personne, les personnes que nous avons rencontrées en Colombie au tout début de notre voyage ont certainement pensé la même chose de nous : le constat que nous évoluions dans deux systèmes de pensée différents… C’est certainement d’ailleurs l’un des enseignements du voyage le plus importants : l’ouverture sur des courants de pensée nouveaux et la remise en question de beaucoup de certitudes, et il faut bien commencer quelque part !

Mont Cook – Nouvelle-Zélande

♦ En van : la liberté de dormir dehors nuit après nuit

Depuis le début de notre voyage et d’autant durant les 5 mois où nous avons voyagé en van, nous avons pu retrouver le bonheur de voir des paysages magnifiques quasiment tous les jours, de profiter du calme d’une forêt et de nuits étoilées magnifiques. Aujourd’hui, cela nous semble indispensable à une vie saine et équilibrée !

Lake Tekapo – Nouvelle-Zélande

Nous nous sommes rendu compte à quel point nos modes de vie citadins qui ne s’adaptent absolument pas aux saisons, à nos rythmes biologiques naturels et dans lesquels nous sommes bombardés en permanence de bruits et de stimulations violentes (la lumière blafarde du métro, les panneaux publicitaires, les journées de travail qui terminent alors que la nuit est déjà tombée en hiver, les écrans qui illuminent nos visages du soir au matin) ne peuvent que nous mettre dans des états de stress et de malaise.

Nous nous sommes rendu compte avec horreur qu’à part quelques jours par an lorsque l’on prend des vacances hors des villes, nous n’avions pas eu la chance de voir les étoiles depuis plusieurs années. Cela nous semble pourtant complètement fou et représenter le symbole d’une vie détachée du monde dans laquelle elle évolue. Nous ne disons pas que nous allons rentrer et s’installer dans les bois, mais nous prévoyons d’accorder beaucoup plus de temps à prendre soin de notre attachement à la nature et au « beau » naturel ! Plus de randonnées et de nuits sous la tente en perspective !

Paradise Road – Nouvelle-Zélande

♦ Voir la ville différemment

En voyageant en van, même si nous bénéficions d’une certaine autonomie et d’un chez nous (nous dormons « chez nous », nous avons de quoi cuisiner n’importe où, nous avons toujours tous nos biens avec nous, etc.), nous nous sommes également rendus compte de notre dépendance envers certaines installations : des toilettes, des douches, des terrains où dormir, des poubelles de tri.

Sydney – Australie

En Australie ou en Nouvelle-Zélande, beaucoup de choses sont pensées pour des voyageurs tels que nous : des campings gratuits, des points d’eau, des stations de vidange, des applications indiquant toutes ces installations etc. Toutefois, il arrive bien des moments où il n’est pas possible de trouver une de ces choses dans l’immédiat, notamment en ville ! Celle-ci prend alors un tout autre visage : beaucoup plus hostile pour des gens n’ayant pas une maison, un appartement, comme tout le monde.

Auckland – Nouvelle-Zélande

Cela nous a fait pas mal réfléchir aux difficultés que peuvent rencontrer les personnes sans domicile fixe quand il s’agit simplement de pouvoir accéder à un peu de dignité, prendre une douche chaude, se brosser les dents et avoir un minimum d’intimité (entre toutes les autres difficultés qui constituent leur quotidien). Parvenir à accomplir ces besoins peut devenir la quête de toute une journée ! En parlant d’intimité, ouvrir la porte du van le matin en pyjama les yeux encore tout embrumés de sommeil et tomber nez à nez avec le voisin du camping-car d’à côté qui nous dévisage n’est pas forcément une expérience très agréable !

Christchurch  – Nouvelle-Zélande

Nos voisins les dindons – Australie

Cela nous a fait également mettre en perspective la vie des gens du voyage en France. Nous avons l’impression que les terrains qui leur sont laissés pour s’installer ne sont pas toujours… très bucoliques. De vieux terrains vagues dont personne ne fait rien, pas de commodité, les reléguant à des gêneurs, des indésirables. Nous rentrerons certainement avec un peu plus de compréhension et de compassion dans nos bagages, et l’envie de faire mûrir ces réflexions pour peut-être faire bouger quelques lignes de retour chez nous !

Notre auberge pour la nuit – Australie

♦ Des questionnements sur l’impact du voyage

En débarquant en Nouvelle-Zélande, nous nous sommes interrogés d’autant plus sur l’impact de notre voyage. En fait, nous avons assez vite déchanté lorsque nous avons compris que l’idée de découvrir le pays à bord de son van… tous les jeunes européens semblent l’avoir aussi. Et il faut dire que cela fait une drôle d’impression de voir des villages, des routes, littéralement envahies par des vans comme le nôtre ou des vans de location (encore plus visibles par leurs couleurs flamboyantes).

Côte est – Australie

Et lorsque l’on parle d’invasion, le mot est plutôt bien choisi : dans certains villages tout tranquilles, nous avons vu par exemple des affiches dans les toilettes publiques demandant de ne pas se laver dans les lavabos, ou encore dans les bibliothèques demandant de ne pas se laver ou faire la vaisselle dans les toilettes (lorsque l’on voyage en van, on peut parfois être tenté d’utiliser le moindre lavabo disponible et gratuit…). Les commerçants du coin avaient l’air un peu exaspérés de voir passer autant d’étrangers, pas forcément très respectueux, acheter 3 articles, dégrader leurs équipements publics et ne plus jamais revenir.

Péninsule de Banks – Nouvelle-Zélande

Nous avons eu ce sentiment d’autant plus fort depuis que nous sommes en Asie, où des villages entiers semblent avoir tout fait pour être aimables d’un point de vue touriste : menu de restaurants proposant des burgers ou des pizzas, bars avec de la musique ouverts toute la nuit (et fréquentés uniquement par les touristes de passage) à l’encontre des rythmes de vie locaux, et on ne parle même pas des villages-vitrines des différentes ethnies qui vivent grâce aux tours guidés qui sont proposés aux touristes. Nous en sommes presque venus à nous demander si la meilleure façon de voyager en réduisant notre impact, n’était pas tout simplement de rester chez soi !

Mont Sunday – Nouvelle-Zélande

Bien sûr, tout cela est à contrebalancer avec le fait que le tourisme est une part importante de l’économie pour beaucoup de pays ! En Nouvelle-Zélande, par exemple, beaucoup de voyageurs en van ont également des visas d’un an et font des pauses pour travailler dans les fermes de ramassages de fruits qui sont des travails éprouvants, pas forcément super bien payés et que les néo-zélandais évitent en étant bien contents de pouvoir profiter du résultat du travail des petits jeunes, heureux eux-mêmes de pouvoir voyager. En Asie, qui sommes-nous pour juger de l’authenticité d’un village, d’une famille, qui essayent simplement de s’adapter à sa clientèle pour gagner un peu d’argent et sortir de conditions de vie difficiles ? C’est une question complexe à laquelle nous n’avons toujours pas de réponse !  D’ailleurs, celle-ci n’est pas nouvelle pour nous !

Bondi Beach – Sydney

Néanmoins si l’impact du touriste un tant soit peu responsable reste une question énorme pour nous, notre point du vue sur le tourisme aveugle et mercantile ne fait que s’affermir : c’est une plaie pour les populations locales ! En effet quand le revenu financier vient tomber dans la poche de grands groupes internationaux les populations locales subissent seulement les mauvais côtés : pression écologique énorme, surconsommation, production de déchets gigantesque avec absence d’infrastructure pour les traiter, conformation de la culture locale au standards occidentaux, promotion des inégalités… Il nous semble judicieux en tant que touriste d’avoir en permanence du recul sur ce que nous finançons et promouvons comme forme de voyage.

Lac Wakatipu – Nouvelle-Zélande

A l’autre bout du spectre il nous apparait aussi que ceux qui refusent à tout prix de suivre le tourisme de masse et tiennent absolument à « sortir des sentiers battus » peuvent être tout aussi dommageables aux populations locales. En effet cette doctrine que nous avons souvent entendue tout au long de notre voyage de la bouche de voyageurs pétris de bonnes intentions nous apparait aujourd’hui comme un danger particulièrement insidieux. Nous avons découvert ou entendu parler le long de notre route de dizaines et dizaines de sites naturels, villages reculés et autres trésors cachés qui avaient été découverts très récemment par des voyageurs étant « sortis des sentiers battus » et étaient les premiers à découvrir ces petites perles, mais qui par cette action ont ouvert la boîte de Pandore et ont amené un flot de touristes avec les mêmes envies dans la brèche, jusqu’à dénaturer complètement les lieux en amenant l’épidémie du tourisme de masse dans leur sillage. Combien de voyageurs ayant découvert un petit village reculé et authentique seraient écœurés en constatant aujourd’hui les dizaines de restaurants et guesthouses ayant fleuris, et ayant remplacés les liens communautaires traditionnels par l’argent roi…

Queenstown – Nouvelle-Zélande

Nous sommes donc aujourd’hui partisans d’une ligne médiane : refuser les installations du tourisme de masse qui vous promettent les beaux paysages avec tout le confort à l’européenne et essayer de faire un tourisme raisonné où l’on accepte de se plonger dans la vie quotidienne locale (sinon autant visiter son propre pays après tout !) en essayant de faire que notre argent tombe dans la poche des populations ; mais d’un autre coté accepter notre statut de touristes et ne pas essayer de sortir des sentiers battus à tout prix, au risque justement de battre ces sentiers et de les transformer bien vite en autoroutes à tourisme.

Poé – Nouvelle-Calédonie

♦ Au bout d’un an : le besoin d’une routine se fait sentir

Cela peut paraître fou au cours d’une telle aventure, mais au bout d’un an, l’idée de pouvoir créer une certaine « routine » ou de pouvoir faire certaines choses régulièrement nous fait très envie ! En mouvement perpétuel, nous ne pouvons pas vraiment établir de rituels, de choses que l’on fait tous les jours et qui nous semblent importantes pour notre bien-être car au prochain déplacement, nous serons peut-être dans un endroit où il sera impossible de faire ces choses et ceci pendant plusieurs jours ou semaines, coupant complètement le rythme !

Queenstown – Nouvelle-Zélande

Par exemple, faire du sport régulièrement est un gros manque ! Cela peut sembler étrange car nous faisons pourtant pas mal de randonnées, nous avons fait du surf en Australie, etc., mais il s’agit d’évènements particuliers et il nous est difficile d’établir une sorte de routine où tous les jours on ferait une heure de sport, par exemple. Ainsi, nous nous retrouvons parfois 3 semaines sans bouger et avons l’impression de nous ramollir comme de gros marshmallows avant la prochaine possibilité de se dérouiller les muscles. Il en est de même pour toute autre activité qui demande du temps et de l’assiduité pour s’améliorer comme la musique.

Newcastle – Australie

Cela ne nous dérangeait absolument pas au début, nous prenions à bras ouverts cette nouvelle vie pleine de liberté et d’imprévus qui nous demandait de nous adapter chaque jours, d’être ouverts aux nouvelles expériences et d’apprendre en continu. Mais après 1 an loin de chez nous, nous ressentons le besoin de nous installer quelque part pendant plus d’une semaine, aller chercher notre pain dans la même boutique et établir des choses un peu plus durables qu’actuellement. Aujourd’hui, avoir un appartement est devenu pour nous le nouvel exotisme !

Sydney – Australie

Au final nous sommes très satisfaits de la durée de notre voyage, car nous avons eu le temps de nous plonger dans ces modes de vie différents et d’en tirer (nous l’espérons) quelques enseignements importants pour notre vie, tout en rentrant au moment où le besoin de stabilité et de nous lancer dans un projet de vie à long terme se faisait sentir.

♦ Découvrir les boutiques de seconde-main

Nous avons développé également un nouvel amour pour tous les achats d’occasion ! Il existait déjà avant de partir, cela faisait un petit moment que nous achetions tous nos livres d’occasion par exemple, ou que nous prenions plaisir à fouiller les brocantes pour trouver certaines petites choses. Mais cela tenait plus du plaisir de chiner que d’un vrai principe de vie. En Nouvelle-Zélande et en Australie, nous avons aménagé nos vans exclusivement avec des assiettes, verres, boîtes, ustensiles de cuisine trouvées d’occasion. Nous nous sommes également refaits une garde-robe entièrement d’occasion, bien contents de trouver des pulls en laine tout chaud à 2$ !

Boutique de la Croix-Rouge – Australie

Au départ dans l’idée d’économiser de l’argent et conscients que nos achats n’auraient qu’un usage limité pour nous, nous nous sommes vite rendus compte que ce que nous trouvions nous rendaient aussi heureux, voire plus, que si nous avions fait des achats neufs. Nous espérons perpétuer cette nouvelle habitude une fois que nous serons rentrés en France ! Lorsque l’on réfléchit aux quantités faramineuses de déchets produits ou bien à la durée de vie de nos vêtements, appareils ménagers, meubles etc., parfois extrêmement courte (le temps d’une saison !) par rapport à la quantité de ressource qu’il a fallu pour les produire, cela nous paraît aujourd’hui plus rationnel de plutôt chercher à prolonger la vie d’un objet déjà existant lorsque cela est possible. Un meuble, un livre ou un vêtement ayant déjà eu une histoire nous semble également bien plus précieux !

Péninsule de Banks – Nouvelle-Zélande

♦ Gain de confiance en soi ?

Nous avons également l’impression d’avoir établi avec beaucoup plus de confiance qui nous sommes, ce que nous aimons et là où nous voulons aller. Loin des jugements que l’on reçoit en permanence sur ce qui est cool ou pas, normal ou pas, là où on devrait en être, comment on devrait être, et ce que l’on devrait faire, nous avons eu le temps de le découvrir nous-même et de l’affirmer. Bien sûr, même un voyageur reçoit sa part de jugement, généralement de la part d’autres voyageurs d’ailleurs : « Il FAUT absolument que vous fassiez ceci/alliez là-bas », « Vous n’auriez pas dû perdre du temps à faire ça », « Quoi vous avez si peu de fringues et rien pour sortir ? Beurk ! », « Quoi vous avez autant de fringues que cela ? », etc., mais cela reste éphémère et avec finalement peu d’impact !

Blue Mountains – Australie

C’est une liberté assez dingue de savoir ce qui nous correspond, d’être en accord avec et de l’assumer. Finies les situations où on ne se sent pas à sa place mais où on essaye de faire semblant. Finis les moments gênants parce qu’on n’a pas fait « comme tout le monde », ou les remarques qui restent sans suite. Aujourd’hui, nous avons la sensation que nous n’avons rien à prouver à qui que ce soit. Nous savons aussi beaucoup mieux expliquer nos choix ! Rien que pour cela, nous sommes très heureux de ce voyage !

Le Roy’s Peak – Nouvelle-Zélande

♦ Être plus ouvert et faire plus confiance

Nous avons l’impression que ce voyage nous aura également permis d’être plus « détendus » en général. Acquérir suffisamment d’expériences et de connaissances de soi en diverses situations, permet de ne plus être inquiets à l’idée de mettre les pieds en terrain inconnu. Aujourd’hui, nous n’avons plus la moindre petite pointe d’inquiétude à l’idée de débarquer dans une ville que nous ne connaissons pas, de nuit et sans hébergement. Nous savons (d’expérience !) que l’on trouve toujours une solution !

Faire copains avec les wombats ! Sud de Sydney – Australie

Là où nous étions toujours un peu sur la réserve lorsque quelqu’un nous adressait spontanément la parole dans la rue (« qu’est-ce qu’il veut nous vendre ? »), nous sommes aujourd’hui beaucoup plus ouverts, sachant que s’il s’agit d’une simple belle rencontre, tant mieux, mais s’il s’agit effectivement d’un vendeur, d’une arnaque, nous la verrons sans problème et serons en mesure d’y échapper poliment.

Tongariro National Park – Nouvelle-Zélande

Autre exemple : arrivés en Australie, nous nous sommes rendu compte que nous avions besoin de nos permis français laissés chez nous, en France (nos permis internationaux n’étaient pas suffisants). Nous avons alors laissé un message sur facebook pour demander si quelqu’un arrivait prochainement à Sydney et pouvait les prendre dans ses bagages. Nous avons été choqués du nombre de messages de personnes nous jugeant complètement inconscients de faire autant confiance à quelqu’un qui pourrait nous voler nos papiers et notre identité alors qu’on pouvait simplement utiliser la poste.

Bondi Beach – Australie

N’allez pas croire que nous sommes beaucoup trop naïfs, nous avions parfaitement conscience de cette possibilité ! Mais nous avons décidé de faire confiance, jugeant qu’il faudrait vraiment être un voleur de papier tordu pour se retrouver sur un forum australien privé (où nous avions laissé notre message) dans l’attente de français comme nous cherchant à récupérer nos papiers. Et nous avons bien fait puisque nous avons rencontré un français très sympa vivant à Sydney mais de retour pour quelques semaines en France qui a accepté de mettre nos permis dans ses bagages.

Blue Mountains – Australie

Attention, nous ne disons pas qu’il faut faire confiance à tout le monde et croire que tout le monde est bien attentionné. Seulement, dans un monde où allumer la télé ou ouvrir un journal déclenche une avalanche d’évènements complètement effrayants, il est bon parfois de rappeler que tout n’est pas si noir !

Côte est – Australie

♦ Notre travail avec l’association l’enfant à l’hôpital

logo Le@lh

Certains d’entre vous nous ont demandé ce qu’il en était de notre projet avec les enfants de l’association les enfants à l’hôpital dont nous vous parlions ici. C’est vrai que nous ne vous en avons jamais parlé ! Ne croyez pas ce que projet est tombé à l’eau, bien au contraire puisque nous venons de signer pour une nouvelle année avec l’association ! Nous en sommes aujourd’hui à une trentaine d’articles écrits pour les enfants et des centaines de questions passionnantes reçues de leur part !

Poé – Nouvelle-Calédonie

Nous ne savons pas s’ils s’en rendent compte eux-mêmes mais ce projet nous apporte aussi beaucoup à nous-même. Nous décernons d’ailleurs la palme des questions auxquelles nous n’aurions jamais pensées aux enfants ! Nous avons ainsi pas mal de questions sur ce que nous mangeons (avec liste de spécialités à goûter à l’appui !), sur les costumes traditionnels, les religions, comment nous gérons notre argent, et surtout combien : combien de flamands roses ? combien de lamas ? combien de fêtes ? etc.

Mont Cook – Nouvelle-Zélande

En Équateur, nous avons également organisé une rencontre Skype avec les classes qui se sont greffées à notre projet et que nous n’avions pas pu rencontrer avant de partir. N’ayant que le son et pas l’image au début, nous imaginions une classe d’une vingtaine d’enfants agglutinés devant un écran de tablette pour nous entendre… Au final, ils étaient près de 80 réunis dans la salle polyvalente de l’école ! Nous avons ainsi pu rencontrer et répondre aux questions personnelles de quelques élèves.

Port Macquarie – Australie

◊ Pour finir…

Difficile de mettre des mots de façon claire et concise sur tous les enseignements ou questionnements liés à notre voyage (qui mélangent maintenant nos impressions entre des continents incomparables !) mais nous espérons avoir été le plus clair possible dans ce bilan et que celui-ci permettra de vous apporter une petite idée sur ce que nous vivons !

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Bonne route !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 réponses sur “Tour du Monde – Bilan à 1 an !”

  1. C’est trop drôle car je me retrouve à fond dans ton article ! Pour nous avec Monsieur ça fait un peu plus de 9 mois que nous sommes partis (NZ en van !!!), et je ressens le besoin de retrouver une routine… en ayant en même temps la bougeotte, hyper dur de satisfaire les deux envies !!! En plus, nous partons pour l’Australie puis l’Asie sans vraiment de date de retour-ce qui est hyper sympa d’un côté 🙂 Nous voudriosn faire l’Amérique du sud par la suite, et perso je veux à tout prix visiter les US et le Canada. Merci pour ce beau récit en tout cas 🙂

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    1. Ahaha vous n’êtes pas prêts de vous poser alors !! Mais c’est exactement ça, d’un côté, lorsque l’on est posé plus de 2 jours, on a déjà envie de revoir du pays… et ensuite on rêve de nouveau de s’installer quelque part ^^ La solution est de trouver un bon équilibre, comme toujours 🙂 Bonne suite de voyage !

      Aimé par 1 personne

      1. C’est hyper difficile.. un jour on veut rester là et se poser, l’autre on rêve de reprendre l’aventure.. c’est quoi ton truc pour trouver l’équilibre ? :p
        Merci, on part pour l’île du sud !

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  2. Superbe bilan, vous me donnez terriblement envie de faire pareil avec mon chéri! Mais je trouve super que tu sois très « vraie » dans ta façon de raconter vos voyages et que tu ne caches pas les petits désagréments qui vont avec la vie vagabonde. Vos pancakes avaient l’air trop bons au passage 😉 et la photo de Poé me donne envie de retrouver mon île. Mille bisous!

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