Les 700 merveilles du monde – les Puyas

Un article un peu spécial pour changer du flot d’articles sur l’archéologie que vous avez déjà lu ou que vous allez lire, et pour vous parler d’autres merveilles que l’on peux croiser dans ces lieux merveilleux que sont les montagnes des Andes (parce que comme dirait Marie, les vieux cailloux ça commence à bien faire !)

Comme je le disait dans cet article, l’Équateur est le pays abritant le plus de biodiversité de toute la planète, mais les autres pays où passe la cordillère des Andes ne sont pas en reste ! En effet ces montagnes quasiment infranchissables et les condition climatiques extrêmes qu’elles créent en jouant avec les nuages (du désert pacifique à la jungle Amazonienne) sont autant de terrain de jeu pour la sélection darwinienne qui s’en donne à cœur joie !

Au cœur même de la cordillère chaque vallée, chaque abords de lac, isolé par des pics à plus de 6000m, se retrouvent à être colonisé par des espèces hautement spécialisées, adaptées aux conditions prodigieusement difficiles que l’on trouve là.

Le parc de Cajas, au sud de l’Équateur, contient par exemple plus de 500 plantes différentes endémiques ! Ce qui est juste dingue ! D’un vallon à l’autre on peut trouver des versions légèrement différentes de la même plante, adaptées à un microclimat très spécifique.

La végétations de ces plateaux et vallées est donc constituée de touffe d’herbe résistantes au froid et aux vents, d’arbustes torturés, de plantes poilues (et oui, les poils ça tiens chaud !), mais surtout de genre de cactus/fougères bizarroïdes qui m’ont immédiatement fasciné !

J’ai apprit que ce genre de plante que je voyais un peu partout étaient de la famille des bromocaliae, plus spécifiquement le genre Puya (« lance » en Kichwa), et que l’Équateur en à une trentaine d’endémiques sur son territoire.

Celles du parc Cajas (et qu’on ne trouve qu’ici !) s’apellent les Puya Clava-Herculis, ou « Garrote de Heracles » (littéralement : le gourdin d’Hercule !). Et au début quand on les observe faire des grosses touffes de feuilles épineuses et solide comme du plastique dur au bord des chemins on se demande pourquoi ce drôle de nom.

Ce n’est que quand on commence à en rencontrer en floraisons que l’on comprend mieux !

Ah oui tiens, les beaux gourdins !

En effet ce qui rend ces plantes dingues c’est leur mode reproduction. Là ou tout bon pissenlit poussant dans nos jardins s’autorise à pousser dans tout les sens et se faire une jolie fleur par an pour se reproduire, les plantes du genre puya vivent dans des conditions tellement extrêmes qu’elle ne grandissent que de 1 à 10cm par an !

Je vous laisse deviner l’âge de celle là !

A ce rythme là pas question de gaspiller ses précieuses ressources à s’amuser à faire des fleurs toute l’année. Au lieu de cela la plante va concentrer ses réserves pendant des années, voire des décennies, et attendre le moment propice.

Et enfin, quand après entre 10 et 50 ans d’existence une saison particulièrement douce et propice pointe le bout de son nez, la plante va tout donner et produire une énoooooorme efflorescence, parfois 5 fois plus haute que la touffe dont elle émerge, qui va quasiment bondir en quelques semaines et ouvrir ses dizaines de petites fleurs turquoises au vent.

La plante se lance dans l’accomplissement de sa vie ! Celle là s’est sentie prête très très jeune !

L’efflorescence pousse à une vitesse folle, en quelques jours !

Et bing floraison !

En 3 jours dans le parc, nous avons croisé un seul Clava Herculis en fleur, une chance incroyable !

Et zou, après fécondation les graines se développent pendant que la plante se meurt

Cet effort va littéralement tuer la plante, qui va s’effondrer en un tas de feuilles sèches et racornies quelques jours après, en espérant que les fleurs aient bien étés fécondées pour donner des centaines de graines qui vont se répandre un peu partout autour.

L’efflorescence toute sèche va bientôt s’effondrer au sol, répandant ses graines

Fin d’une vie longue et bien remplie

C’est complètement fou de penser que ces pauvre puyas mettent des décennies à braver les éléments et croitre millimètres par millimètres, pour jouer toute leur existence dans un coup de poker, en espérant qu’un autre puya pas trop loin ait eu la bonne idée de fleurir au même moment et qu’une abeille sympa ou un coup de vent chanceux passe par là !

Et le plus dingue c’est qu’au Pérou, au parc de Huascaran nous avons croisé un autre sous-espèce de Puya encore plus gigantesque et folle : le Puya Raimondi (ou lance de Raimondi, du nom du botaniste Italien qui les a décrit pour la première fois).

Ces énormes touffes vont elles croitre pendant parfois plusieurs siècles ! Toujours au rythme de quelques misérables centimètres par an, avant de se lancer dans l’érection d’une efflorescence de plus de 10m de haut qui va bondir en quelques semaines là encore ! Puis de mourir en répandant plusieurs centaines de milliers (oui oui !) de minuscules graines partout, dont seule une infime partie va réussir à prendre racine et se relancer dans une bonne centaine d’année de croissance.

Celui là à au moins 50ans, mais pourrait en avoir plus de 100 !

Oh la belle bête !

Nous sommes tombés sur une année particulièrement favorable (réchauffement climatique oblige…) et un grand nombre de ces terribles puyas sont entrées en érections dans les mois précédent. A notre arrivée dans le parc ils étaient tous tranquillement en train de mourir, fiers du travail accomplit !

Les feuilles sèches sont aussi solides qu’un morceau de bois. On pourrait s’en servir de scie

Pour finir, une autre plante intéressante de la famille des Bromecialiae que l’on a pu croiser dans la jungle : l’Ananas, qui ne pousse pas sur un gros arbre appelé l’Annanassier mais bien sur un genre de grosse touffe de longues feuilles épineuses qui va produire un unique et gros Ananas qui va gentiment se balancer au bout de sa tige, l’air de dire « t’a jamais vu un Ananas de ta vie toi ? », proprement stupéfiant la première fois qu’on tombe dessus !

Surprenant non ?

A bientôt pour de nouvelles merveilles !

2 réponses sur “Les 700 merveilles du monde – les Puyas”

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