Nouvelle-Zélande – Rotorua ou la vie sur un volcan

Quittant le parc National du Tongariro et remontant toujours plus au nord, à seulement quelques kilomètres d’Auckland, nous avons retrouvé des températures beaucoup plus douces et nous avons commencé à comprendre pourquoi le nord de la Nouvelle-Zélande s’appelle « The Winterless Region » (la région sans hiver). A ce stade, il ne nous restait plus que 3 semaines en Nouvelle-Zélande et il était sérieusement temps de nous inquiéter de la revente de notre Mazda Bongo ! Notre annonce était en ligne sur Facebook (le moyen le plus efficace d’acheter et de vendre selon nous est d’utiliser le marketplace de Facebook et les groupes tels que « Français en Nouvelle-Zélande), et nous avions déjà reçu quelques demandes. Nous avions plusieurs dates de visites fixées à Auckland au début du mois de juillet et il nous restait donc quelques jours pour visiter la région de Rotorua, au centre de l’île du nord.

La Nouvelle-Zélande géothermale !

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit en Nouvelle-Zélande. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

◊ En route vers Rotorua – la Thermal Exploration Highway

La ville de Rotorua se situe au milieu d’une zone d’intense activité volcanique. Depuis la « Thermal Exploration Highway », la route menant à Rotorua, nous voyons déjà par-ci par-là des petites fumerolles s’échapper des champs, donnant l’impression que toute la région repose sur un immense brasier. Nous voyons également fleurir des dizaines de spas proposant des séjours ressourçant à base de bains d’eau chauffée par géothermie ou encore de bains de boue.

Sur notre route, nous tombons également sur l’immense centrale géothermique de Wairakei où des tuyaux d’eau serpentent sur des kilomètres et des kilomètres comme de grands spaghettis. Nous découvrons ici un autre rapport à la terre qui passe dans nos esprits de masse inerte et inoffensive à un immense puit d’énergie vibrante !

La centrale de Wairakei

A quelques kilomètres de Rotorua, juste après la cascade Bridal Weil, nous avons également pu découvrir les Mud Pools, littéralement des « trous de boue », où on peut ressentir l’activité du volcan au plus près. En s’approchant du bord, on découvre une sorte de marais/bain de boue qui bouillonne, laissant échapper des petites bulles de boue ou de grandes émanations de fumées à la senteur de soufre. Pour vous donner une idée de cette joyeuse odeur : laissez macérer des œufs pourris avec des chaussettes sales pendant une petite semaine au soleil et… c’est à peu près ça !

Les Mud Pools

D’autres points de vue sur des Mud Pools ou encore des geysers, plus ou moins gratuits, sont possibles tout au long de la Thermal Exploration Highway. Pour les trouver, nous avons simplement suivi maps.me ;).

◊ Rotorua

Rotorua nous accueille… tout en odeur ! Eh oui, nous ne pouvons nous empêcher de commencer à vous en parler par cet aspect particulier ! Au beau milieu du centre ville de Rotorua des vapeurs géothermiques s’échappent d’immenses trous béants et répandent de grands nuages blancs et épais sur les bâtiments, les voitures, les arbres alentours, bouchant la vue d’un nuage cotonneux pendant quelques secondes. En s’approchant d’un peu plus près de ces fosses, on aperçoit parfois de l’eau en ébullition ou de la boue chauffée par le volcan, équivalent aux énormes Mud Pools que nous avions découverts un peu plus haut sur la route.

Le lac de Rotorua

S’échappant d’un peu partout, parfois de simples petites grilles sur le sol, nous avons l’impression de marcher sur des charbons ardents et que la terre sous nos pieds refuse de se retrouver contenue là, sans nous faire savoir qu’elle est là, puissante. Nous retrouvons également cette fantastique odeur d’œufs pourris qui nous pousse à faire de la poésie : nous décidons de renommer Rotorua en « Rototorua ». (Toujours dans la finesse).

Dans un parc au beau milieu de Rotorua

Cette nuit-là, nous avons dormi en plein cœur de Rotorua, sur un parking gratuit laissé accessible pour les vans comme le nôtre. Et autant vous dire que nous ne sommes pas vraiment parvenus à nous habituer à cette odeur peu ragoûtante qui envahissait à intervalle régulier l’intérieur de notre van, pendant que nous mangions, en dormant, ou encore dès le réveil, le matin. Nous nous sommes maintes fois demandés comment faisaient les habitants de cette ville ! Il paraît que l’on s’habitue au bout d’un moment…

Le musée de Rotorua

◊ La Nouvelle-Zélande et les Maoris

En parlant des habitants de la région, il nous faut parler des Maoris ! En effet, la plus grande partie des familles maories de Nouvelle-Zélande habiterait autour de Rotorua. Historiquement, en débarquant à partir du VIIIe siècle, les Maoris se seraient principalement installés sur l’île du nord, au climat plus doux, et particulièrement dans les régions à l’activité géothermale importante. La douce chaleur dégagée par la terre leur aurait effectivement permis de survivre aux hivers rigoureux, à cuisiner etc.

Aujourd’hui qu’en est-il des Maoris ? Les Maoris représenteraient près de 15% de la population néo-zélandaise, des sièges pour les députés maoris leurs sont réservés au Parlement (leur nombre respectant leur population en proportion), de nombreux lieux/villes/villages portent leur nom maori d’origine et l’apprentissage de la langue maorie devrait même être réintroduit dans toutes les écoles dans les années à venir. A première vue, pour un peuple autochtone dont les terres ont été largement volées par une puissance coloniale, en comparaison à la situation des aborigènes d’Australie ou des amérindiens, on se dit qu’ils ne s’en sortent pas trop mal !

Par contre, de ce que nous en avons vu (nous sommes loin d’être des experts sur la question, ainsi tout ceci n’est pas à prendre au pied de la lettre et nous serions très heureux si certains d’entre vous ont d’autres pièces à ajouter à notre puzzle !), il ne faudrait pas aller jusqu’à croire que les Maoris et les descendants de colons sont au même plan ! La situation des Maoris semble en effet très inégalitaire, la plupart des familles faisant parti des tranches sociales les plus basses, leur espérance de vie moindre que celle des blancs, leur chance de souffrir de maladies ou d’être incarcéré plus grande. Et cela se voit dans la rue : les quelques Maoris que nous avons croisés sur notre route étaient généralement d’allure modeste, voire des SDF. Il est d’ailleurs difficile de parler d’un vrai mélange entre les populations maories et blanches.

En ce qui concerne la conservation de leur culture, certes la culture maorie est très souvent valorisée (ou tente de l’être de nouveau !) : tout le monde connait le célèbre Haka des All Blacks, les divers salons de tatouage maoris, les spectacles de danses et de chants etc. Encore aujourd’hui, certains villages fonctionnent selon les traditions maories, parlant toujours de Mana (force intérieur déterminant le statut d’un individu – de part ses actions il augmente ou diminue), ou de Tapu (avoir un comportement respectueux vis a vis des autres et de l’environnement)

Cependant, à l’heure actuelle, les Maoris se battent bec et ongle pour tenter de préserver les quelques restes de terres leur appartenant toujours et revêtant une extrême importance pour eux (et on ne parle pas de toutes les terres qu’ils ont perdues lors de la colonisation britanniques).

Ainsi, nous avons eu un sentiment mitigé sur le traitement de la culture maorie en Nouvelle-Zélande. D’un côté, sa préservation et mise en valeur semble tout de même bien plus réussi que dans bon nombre d’anciennes colonies et leur existence ne se résume pas simplement à une attraction touristique que le pays est fière de promouvoir une fois l’an. Toutefois, comme dans beaucoup d’autres cas, ce sont surtout les aspects les plus plaisants de la culture qui sont préservés et pas vraiment son fond (comme la propriétés des terres).

◊ Les Maoris à Rotorua

A partir de là, comment fait-on nous, en tant que touristes, pour approcher la culture maorie ? Déjà, il faut bien se rendre compte que les Maoris ne ressemblent plus aux dessins de peuples autochtones vivant dans des huttes et portant des vêtements en peaux de l’époque de la colonisation ! De même que le reste du monde, ils ont bien sûr évolué et un Maori aujourd’hui a probablement une vie tout à fait ordinaire. Il est ainsi possible de visiter quelques villages maoris (notamment le Tamaki village à Rotorua), mais de ce que nous en avons lu, il s’agit bien sûr de reconstitution et d’une attraction touristique et non d’un vrai lieu de vie maori du XXIè siècle. C’est important de s’en rendre compte car nous sommes par exemple tombés sur des gens se plaignant d’avoir vu des Maoris utiliser leur téléphone portable dans un de ces villages ! Il est également possible de participer à un repas/spectacle permettant de découvrir la cuisine maorie (et son célèbre hangis) et une part de sa culture. Encore une fois, il faut se rendre compte que même si ces spectacles promeuvent la culture maorie… cela reste un spectacle.

Ainsi, nous avons eu le sentiment que si nous voulions savoir ce qu’est la culture maorie du XXIè siècle… il faudrait tout simplement pouvoir rester un petit moment en Nouvelle-Zélande, devenir ami avec des Maoris pour avoir peut-être la chance d’être invité dans leur cercle familiale et de découvrir leur culture. Comme cela ne nous ai pas arrivés, nous avons simplement profité de se promener dans le quartier de Ohinemutu à Rotorua, qui n’est pas un village reconstitué (donc pas d’entrée payante). Il s’agit simplement d’un quartier de la ville où de nombreuses familles maories habitent.

Au centre, sur une grande place qui borde le lac de Rotorua, se trouve un marae : sorte de maison en bois, lieu sacré où les Maoris se retrouvent pour toutes les activités de la communauté : réunion, cérémonie, etc. Il est par contre interdit d’y mettre les pieds sans y avoir été invité ! Tout autour de la place se trouve également de très belles sculptures en bois.

◊ Les Maclarens Falls

Changement de décor, depuis Rotorua, nous faisons un petit détour par le nord-ouest pour rejoindre les Maclarens Falls. Il s’agit d’un modeste parc national (assez peu connu semblerait-t’il) proposant quelques courtes randonnées et balades, notamment pour aller voir les cascades Maclarens.

Une aire de camping au coeur du parc permet d’y passer une belle nuit au calme moyennant quelques dollars, mais surtout… de peut-être apercevoir des Glow worms ! Littéralement des « vers luisants », il s’agit d’une autre particularité et attraction de la Nouvelle-Zélande ! De nombreuses agences proposent des petits tours en bateau à la nuit tombée pour aller les observer dans des grottes, là où il y a le plus de chance d’en voir. Et le spectacle est parait-il impressionnant ! N’ayant pas vraiment le budget pour cela, nous avons choisi l’option gratuite qui est de tenter d’en voir dans la forêt, notamment aux MacLarens Falls réputées pour cela.

C’est ainsi vers 21h, alors que la nuit noire nous entoure et après un bon curry bien chaud cuisiné dans notre van, que nous nous engageons sur la randonnée Waterfall Walk, une petite boucle de 20 minutes, avec nos lampes frontales pour tenter de voir ces fameux petits points bioluminescent produits par les larves.

Il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour se retrouver dans le noir complet, entourés de grandes fougères sur ce petit chemin qui longe une rivière bruissante. Nous éteignons nos lampes et laissons nos yeux s’habituer à l’obscurité et là, nous commençons à les apercevoir ! De petites boules lumineuses, fugaces, clignotent autour de nous ! Jaune fluo, il faut pourtant noter que nous sommes en plein hiver, pas franchement la saison où les vers sont au top de leur forme… Ils sont donc assez peu nombreux et tous petits ce soir-là mais la magie de se retrouver en pleine nuit dans la forêt pour observer ces drôles de créatures est tout de même bien présente !

Tentative de photos des glow worms !

◊ De l’autre côté, sur la côte ouest : Raglan

Dernier petit arrêt dans cette région du centre de l’île du nord, nous passons par Hobbiton (qui fera l’objet d’un article tout particulier) et traversons complètement l’île pour rejoindre son opposé : sa côte ouest ! Nous décidons de faire un petit crochet par la petite ville de Raglan, le temps d’une journée, simplement histoire de manger un fish’n chips et de profiter une dernière fois des grandes plages sauvages de la Nouvelle-Zélande où quelques surfeurs courageux s’amusent dans les eaux glaciales de la mer de Tasman !

Ca n’a pas l’air comme ça… mais l’eau est glaciale !

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Bonne route !

7 réponses sur “Nouvelle-Zélande – Rotorua ou la vie sur un volcan”

  1. Hello ma belle! Je te souhaite une très belle année 2020, que ta vie continue d’être pleine de surprises et d’aventure! Tu me donnes envies d’aller en NZ, ça me manque trop. Tes photos sont sublimes comme toujours.

    Aimé par 1 personne

    1. Hello !! Je rattrape mon (gros) retard de réponses à mes commentaires ! Je ne me suis quasiment pas occupée de mon blog depuis notre retour de voyage (retrouver famille, amis et spécialités françaises, ça prend du temps ! ^^). Mais avec cette situation un peu particulière de confinement, j’ai plus de temps et je m’y remet sérieusement 😀 Merci pour tous les commentaires que tu as continué de me laisser, ça fait vraiment chaud au coeur !! J’ai tout de même continué de suivre ton blog aussi de mon côté 😀

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