Argentine – Volontariat au Parque de Los Glaciares

Dès le lendemain de notre trek de 3 jours autour du Fitz Roy, nous nous embarquons pour une nouvelle aventure, quelque chose que ni l’un ni l’autre nous ne connaissons : un mini-volontariat d’une journée au sein du Parque de Los Glaciares (celui où nous venons de marcher pendant 3 jours). Dès notre arrivée, nous sommes tombés dans notre auberge même sur une petite affiche du parc demandant des volontaires pour 1 journée ou plus pour travailler à l’entretien du parc. Nous qui souhaitions repartir sur un volontariat mais sans y rester trop longtemps (car la date de notre avion de départ approche !), cette idée est tombée à point nommé ! Nous nous sommes aussitôt renseigné auprès des gardiens du parc cet nous sommes inscrits pour ce lundi matin 8h30 au retour de notre randonnée.

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit en Argentine. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

Nous partons donc de bon matin de notre auberge, dans la fraîcheur de l’aube et avons la chance de pouvoir faire un petit coucou au Fitz Roy flamboyant sous le soleil levant avant de rejoindre la maison du parc. Là, nous rencontrons nos collègues pour la journée : 6 grands gaillards argentins travaillant pour le parc national mais ayant aussi l’air d’y vivre ! Leurs cheveux longs et leurs barbes broussailleuses les fait ressembler à des Robinson Crusoé d’Amérique Latine. Ils nous intègrent très vite au sein de leur groupe par la technique universelle d’un café partagé avec des petits gâteaux. On embarque chacun une pelle et c’est parti !

Nous prenons un mini-bus pour réaliser les quelques kilomètres qui nous sépare de l’entrée d’un chemin de randonnée que nous n’avons pas encore exploré. Il s’agit d’un chemin parallèle qui mène également au camping du Poincenot et au pied du Fitz Roy en passant par le mirador de Las Piedras Blancas. Parfait, nous sommes très contents de pouvoir découvrir une autre partie du parc !

Une pelle bien calée sur l’épaule, nous partons à la queue leu leu sur le sentier qui démarre par une portion de chemin privé passant à côté d’un hôtel plutôt luxueux. Nous marchons sans rien dire pendant une vingtaine de minute, traversant une petite zone humide et un morceau de forêt, profitant des oiseaux qui chantent dans l’air du matin et d’un renard qui nous fait un clin d’œil avant de disparaitre. Nous quittons finalement ce chemin privé pour parvenir à l’entrée du parc, là où nous allons commencer à travailler.

Après une petite séance d’étirements, le chef d’équipe nous explique rapidement en quoi va consister notre travail : nous sommes là pour remettre en état les déversoirs qui permettent de drainer l’eau sur le bord du chemin et d’éviter qu’elle ne s’accumule en flaques. Le but est de prévenir la formation d’un lit de boue que les randonneurs chercheront à éviter en passant à côté et en créant des sentiers annexes qui étendent l’impact humain sur la forêt et crée des zones blanches ou la faune et la flore ne passent plus. Nous devons simplement déblayer les feuilles et branchages des gouttières existantes et les recreuser un peu dans le sol pour permettre le passage de l’eau jusqu’à la rivière en contrebas. La consigne est plutôt simple !

Nous nous espaçons tous le long du sentier, chacun à sa gouttière avec sa pelle et c’est parti ! Il faut environ une vingtaine de minute pour déblayer correctement une gouttière, et remettre proprement la terre en trop sur le sentier, mais tous les muscles de notre dos et de nos bras sont vite sollicités et ne manquent pas de tirer. Nous avançons progressivement sur le chemin, prenant les gouttières les unes à la suite des autres et nous arrêtant de temps en temps pour profiter de notre lieu de travail. Bien que notre tâche soit assez répétitive et pas forcément fascinante vue comme ça, il faut dire que nous avons connu des lundis plus pénibles que celui-là ! Nous partageons d’ailleurs nos pensées avec nos collègues qui semblent aussi très heureux de leur travail et profitent tout autant que nous des montagnes alentours. Bien que les conditions ne doivent pas toujours être évidentes (notamment l’hiver !), ils semblent ne vouloir changer de métier pour rien au monde !

Nous parvenons vers midi au mirador de Las Piedras Blancas où nous nous arrêtons pour casser la croûte, chacun sortant sandwichs, fruits et maté de son sac à dos. Il fait beau et chaud, nous venons de passer une matinée à faire à la fois quelque chose d’utile pour la nature tout en bougeant et en profitant d’un cadre fantastique et nous nous sentons incroyablement à nôtre place, contents d’être là et de profiter d’un bon repas en plein air.

Nous en profitons pour discuter avec nos discrets collègues de leur engagement dans le parc (saisonnier pour certains, depuis plusieurs années pour d’autres), de la vie dans ce coin reculé de la Patagonie et du fonctionnement du parc. Nous aurons aussi une intense discussion avec notre chef de groupe à propos de leur grande difficulté à faire fonctionner… les toilettes des campings ! En effet le système de toilettes sèches montre clairement ses limites face à l’afflux massif de visiteurs dans le parc, notamment car la plupart ne sont pas des randonneurs mais de simples touristes de passage qui s’essayent à la marche pour la première fois, et ne sont donc pas très habitués au manque de confort et à la fragilité des écosystèmes de montagne. Nous avons beaucoup échangé sur les différentes techniques mises en œuvre dans les refuges alpins français et les festivals de musiques pour gérer ce problème épineux !

Nous reprenons bien vite notre travail et Clément en profite pour s’essayer à d’autres activités comme celle de mettre en place des morceaux de bois morts pour barrer les accès des chemins secondaires créés par les randonneurs indélicats, et recouvrir les zones qui ont été utilisées comme aire de pique-nique sauvage (et sur laquelle la végétation a été piétinée et arrachée). L’objectif étant la encore de maintenir au maximum les visiteurs sur le sentier officiel et d’offrir le temps au fragile couvert végétal de se reconstituer.

Une zone piétinée qui a été recouverte de branchages par Clément, reconstituant une bordure pour le sentier

Nous terminons vers 15h sur un dernier coups de pelle et sous les remerciements chaleureux de l’équipe du parc. Il nous faut maintenant redescendre, 1h de randonnée au cours de sa journée de travail, c’est quand même pas mal !

Cette journée de volontariat fut courte, certes, mais nous sommes très contents d’avoir pu participer à l’entretien du parc et donc d’un endroit qui nous a permis de passer de si beaux moments pour pratiquer une de nos activités préférées, mais aussi d’apprendre justement le fonctionnement d’un parc national, pourquoi il est si important de ne pas s’écarter des sentiers et d’éviter au maximum d’étendre son impact sur la nature. Car même si on pense qu’une trace de pas ne va être la fin du monde, il faut se rendre compte que plusieurs centaines de personnes vont peut-être se dire exactement la même chose ! Et malheureusement un sentier est une zone morte, où la végétation ne se développe pas.

Info pratiques :

Si vous voulez donner un coup de main aux gardiens du parc, contactez les ici pour un volontariat d’un jour ou plus : brigadadesendas@apn.gob.ar ou sur Facebook.

Si vous voulez être au courant des dernières news/voyages/bêtises, n’hésitez pas à vous inscrire sur notre page Facebook !

Bonne route !

 

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