Equateur – Tena, balade guidée dans la jungle amazonienne

Après cette visite passionnante au refuge pour animaux AmaZOOnico, nous avions prévu de nous offrir une excursion d’une journée dans la jungle amazonienne accompagnée d’un guide dans l’idée de découvrir des plantes et des animaux que nous n’aurions sûrement jamais remarqués seuls.

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit en Équateur. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

Finalement, les choses ne se seront pas tout à fait passées comme prévues puisque nous avons tous les deux souffert en même temps d’une intoxication alimentaire (nous ne savons pas très bien due à quoi : à l’eau ?  à quelque chose que nous aurions mangé ? à notre traitement anti-paludique commencé 2 jours auparavant ?). Incapable de quitter notre hôtel, nous avons donc finalement passé 2 jours à nous remettre – nous étions d’ailleurs très content que cela nous soit arrivé dans un hôtel aussi confort : l’hôtel Tena Naui situé sur les hauteurs de Tena au prix très raisonnable pour un si grand confort (10 $ la nuit pour une chambre double) – plutôt que dans un camping sans eau courante comme nous avions expérimenté à Baños ;). Bien décidés à ne pas louper notre chance d’aller découvrir la jungle, nous nous sommes quand même engagés le troisième jour dans une excursion guidée. Pas très en forme (nous n’avions rien avalé depuis 2 jours), nous avons eu un peu de mal à suivre notre guide toute la journée, mais nous avons tout de même profité de toutes les connaissances que nos cerveaux brumeux ont eu la capacité d’engranger !

Pour les infos relatifs à cette excursion : se renseigner auprès de l’hôtel Tena Naui ! Nous avons payé 45 $ chacun pour la journée tout compris (transports et repas de midi).

Les bottes, l’insecticide, la crème solaire, la casquette, c’est parti !

◊ A la découverte de la forêt amazonienne

Nous avons démarré la journée par 3h de balade dans la jungle où Mario, notre guide, nous a présenté des dizaines de plantes, d’arbres, de fruits avec leurs caractéristiques et notamment leurs qualités curatives pour de nombreux maux : nous avons découvert un nombre incalculable de plantes permettant de soigner la grippe, les infections, aux vertus anti-paludiques ou encore un arbre dont la sève permet de soulager les démangeaisons de piqûres de moustiques !

Nous avons croisé des dizaines d’araignées gigantesques (on vous épargne les photos !), des files infinies de fourmis qui rangeaient la forêt et un serpent apparemment mortel (sa morsure ne laisserait que 20 minutes pour agir…). Nous avons été environné d’un nombre infini de nouveaux bruits étranges, des oiseaux, des insectes, le vent dans des arbres gigantesques. En parlant de ces derniers, nous avons vu les arbres les plus grands de notre vie, nous ne saurions plus vous dire leur âge ou leur taille mais disons qu’il aurait fallut environ une dizaine de personne pour en faire le tour. D’ailleurs, nous avons été très surpris d’apprendre que la plupart de ses arbres sont très jeunes (moins de 50 ans) car leur croissance est extrêmement rapide et n’a rien à voir avec celle de nos arbres européens ! Nous avons également vu des espèces très étonnantes comme le fameux palmier marcheur ou palmier à échasse ! Il s’agit d’une espèce de palmier capable de se déplacer de plusieurs mètres par mois en créant de nouveaux systèmes racinaires et en poussant de nouveau à leur endroit.

Une très grosse mante-religieuse (car la feuille est gigantesque) !

Cet arbre fait un câlin à un autre arbre… mais attention, c’est dans l’idée de s’en nourrir !

Le fameux palmier marcheur !

Nous avons également vu des dizaines de fleurs aux couleurs et aux formes étonnantes et je retiens particulièrement ce tapis de fleurs violettes et vertes qui semblaient nous indiquer le chemin vers le cœur de la forêt, et qui sont phosphorescentes la nuit !

Des fleurs phosphorescentes

Oui, il s’agit d’une autoroute de fourmis !

Nous avons eu l’impression que chaque plante, chaque arbre, chaque insecte avait sa fonction, sa place dans cet écosystème incroyable qui semble à la fois bien plus grand et puissant que nous autres, petits êtres humains qui s’y aventurent, et qui est pourtant si fragile et si menacé. Nous avons été ébahi devant l’univers de connaissance que nous avons à peine touché du doigt et que nous rêvons d’avoir sur le fonctionnement et les vertus de ce monde infini et sur la manière très simple, humble et pérenne qu’ont les populations autochtones de s’en servir depuis toujours. Et par le même coup, nous sommes devenus conscients de notre ignorance sur le fonctionnement de ce monde qui est pourtant à la base de toute notre vie, qui nous permet de nous nourrir, de traiter nos déchets, de nous approvisionner en oxygène et en eau. Nous ne pouvons que remettre en question le fonctionnement et les acquis de notre société qui se contente de consommer et semble ici à des kilomètres des préoccupations quotidiennes. Comme si nous avions oublié ou perdu quelques part sur la route de la modernité la façon dont fonctionne la vie sur Terre.

◊ Rencontre avec une communauté Kichwa

Nous avons poursuivi la journée par une rencontre dans une communauté Kichwas.

Un peu de culture : Les Kichwas sont la plus nombreuses des 13 nationalités indigènes d’Équateur et vivent principalement dans la partie andine et amazonienne du pays. La survie de ces populations et de leurs culture et traditions confrontées au monde moderne est une question qui n’a pas de réponse simple. Par exemple, les Kichwas sont à la base un peuple nomade, se déplaçant régulièrement vers des terres plus fertiles pour l’agriculture ou à la recherche de nouveaux gibiers, laissant reposer les lieux où ils s’étaient établis auparavant et permettant ainsi de les régénérer et de pouvoir y revenir plus tard. Seulement aujourd’hui, les Kichwas ne peuvent plus adopter cette vie nomade et sont cantonnées dans des missions où ils doivent s’établir de manière sédentaire. Ainsi, il devient très difficile pour eux de ne vivre uniquement que de leur agriculture, qui produit beaucoup moins qu’avant, et ils ne trouvent également plus suffisamment de gibier dans la forêt, notamment à cause de la déforestation. Les jeunes Kichwas sont également de plus en plus attirés vers les villes et le confort moderne, cependant ils n’ont généralement pas les moyens financiers pour se permettre l’accès à ce mode de vie, et se retrouvent alors « coincés » dans leur communauté, ce qui entraîne tensions et mal-être.

Cette rencontre nous a laissé…. perplexes. Nous ne sommes en général pas très fan de ce genre de moment qui ne paraissent jamais très sincères (surtout lorsque l’on sait qu’ils sont peut-être répétés avec 5 groupes de touristes différents sur une même journée). Une femme de la communauté (d’ailleurs, les communautés Kichwas sont en général gérées uniquement par les femmes !) nous a fait la démonstration de la fabrication de la chicha, une boisson à base de manioc fermentée bue lors des cérémonies traditionnelles et qui aurait la capacité d’ouvrir l’esprit aux ondes chamaniques. Ensuite, une dizaine de femmes en vêtements traditionnels sont venus nous présenter une danse réservée aux cérémonies au son d’un tambour et d’une flûte. Enfin, nous avons fait un saut par leur boutique de souvenirs fabriqués par les femmes du village. Nous vous racontons cela très vite… car tout s’est passé très vite ! Nous avons eu peu de temps pour comprendre ce qu’on nous montrait, poser des questions, etc. et nous avons eu l’impression que le tout était très chronométré.

Préparation de la chicha (nous avons fait très peu de photos de l’endroit, gênés à l’idée de les déranger par notre curiosité)

Nous avons trouvé le moment intéressant, évidemment, mais peu sincère et nous avons plutôt eu l’impression de déranger ces femmes, occupées à leurs activités habituelles, pour qu’elles viennent danser devant nous (et elles n’avaient pas vraiment l’air enchantées de le faire). Nous n’avons eu que trop peu l’occasion de discuter avec elles, de s’intéresser à leur fonctionnement, à leur envie de vivre dans cette communauté éloignée de la modernité, de leur rapport aux autres équatoriens, etc. et surtout, aucune occasion de les remercier ou de leur témoigner notre admiration devant ce qu’elles ont accomplies.

D’un autre coté cette forme de tourisme culturel permet de financer la vie de la communauté et donne ainsi une raison aux jeunes de rester sur place, tout en préservant les traditions et faisant perdurer une culture qui s’étiolerait rapidement sans cela. Sans cette perfusion la communauté se transformerait bien vite en village moderne exploitant à outrance la forêt pour ses ressources ou la brûlant pour faire de l’élevage intensif et ainsi pouvoir espérer élever leurs enfants loin de la misère…

Mais en même temps, le risque est peut-être qu’ils y perdent également tout leurs sens : en effet, quelle valeur a une danse traditionnelle et cérémoniale réalisée normalement à des moments bien spécifiques de célébration, si celle-ci est répétée toute la journée et devant n’importe qui ?

Je crois que finalement, nous aurions préféré les laisser tranquille et ne pas débarquer avec nos têtes blanches de touristes dans leur quotidien et peut-être participer d’une autre manière en finançant des projets de lutte contre la déforestation ou de renforcement de leurs droits. Le tourisme raisonné et raisonnable semble être mille fois préférable à l’industrie du tourisme de masse et l’occidentalisation des modes de vie locaux, mais semble rester un bien léger pansement face aux blessures que subissent le milieu naturel et les modes de vie pérennes qui y étaient associés par le fait de la consommation à outrances liés à notre modèle de civilisation.

Et vous, quel est votre avis sur la question ? Avez-vous déjà fait ce genre de rencontre de manière organisée ou non ? Quel a été votre ressenti ?

◊ Balade en canoë sur le Rio Napo

Nous avons poursuivi notre journée par une balade en canoë sur un bras de fleuve au milieu de la jungle. L’intérêt était que nous avons pu traverser la forêt sans faire de bruit et donc sans déranger les animaux y habitant. Tous nos sens en éveil, nous essayons d’avoir les yeux et les oreilles partout à la fois pour tenter d’apercevoir une patte, un bec ou un œil curieux.

Nous avons eu la chance de voir un singe araignée perché sur un arbre à près de 6 m au dessus de nous, tranquillement allongé sur une branche comme on le serait dans son canapé. Il nous a observé quelques secondes mais s’est très vite désintéressé de nous pour reprendre sa sieste. Un peu plus loin, c’est très furtivement que nous avons vu un morceau de fourrure et un petit singe capucin traverser un morceau de forêt avant de disparaître à nouveau. Nous n’avons pas vu grand-chose de plus, mais peu importe, être entouré de dizaines de bruits étranges d’oiseaux ou d’autres animaux non-identifiés, attentif au moindre mouvement et à la moindre perception est un moment magique en soi !

Coucou toi !

Nous avons terminé la journée en passant par Puerto Misahualli très connu pour ses habitants à 4 pattes : en effet, la ville est occupée par une colonie de petits singes capucin qui se promènent sur les toits, dans les arbres, s’abreuvent à la fontaine municipale (en ouvrant le robinet !) etc. Nous avons alors pu profiter d’une petite baignade dans les eaux opaques du Rio Napo.

Retour à Puerto Misahualli

Conclusion pour cette journée : nous avons adoré nos 3h passées à découvrir la forêt amazonienne aux côtés de Mario. Je pense que si c’était à refaire, nous privilégierons plutôt uniquement ce type de moment, les activités de l’après-midi nous ayant moins marquées.

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