Australie – De Belligen à Tamworth : quittons la côte pour les terres australiennes

Après être montés jusqu’à la mythique ville du surf Byron Bay sur la côte est australienne, il est temps de faire demi-tour si nous voulons rentrer à temps à Sydney pour retrouver notre amie !

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit en Australie. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

Pour cette route retour, nous décidons de quitter la côte et de nous enfoncer autant que possible (c’est-à-dire pas très loin en fait…) dans « les terres » afin de découvrir une autre facette de l’Australie. Bien sûr, nous avons un peu rêvé à l’idée de rouler jusqu’au désert Australien, de découvrir ces étendues infinies de terre rouge, d’avoir l’impression de rouler sur Mars et de voir des kangourous de 2m de haut. Mais autant dire qu’il faut avoir un peu de temps devant soi !

Jusqu’où nous mènera la route ?

En effet, il faudrait faire près de 1500 km depuis la côte pour pouvoir commencer à dire que l’on atteint les abords de ce désert rouge… Nous avons donc rêvé un tout petit peu plus accessible et avons quitter l’A1 (l’autoroute qui suit toute la côte est) au niveau de Coffs Harbour, cap à l’ouest ! Nous avons traversé Belligen, découvert le New England National Park avant de rejoindre Armidale puis enfin Tamworth où nous nous sommes de nouveau dirigé vers l’est pour rejoindre Sydney. Nous n’avons jamais été à plus de 300 km de la côte et pourtant, nous avons tout de même eu l’impression de découvrir une Australie complètement différente ! Beaucoup plus rurale, rustique, et très conservatrice. Les immenses plages blanches bordant l’océan turquoise ont laissé place à de grandes étendues sèches, des fermes poussiéreuses et des villes endormies. Résumé en image !

Bellingen

Belligen est une petite ville où nous sommes déjà passé plusieurs fois : plusieurs aires de campings gratuites se trouvent à proximité, la bibliothèque offre un accès gratuit au wifi et nous iront même jusqu’à visiter l’hôpital de Bellingen pour soigner une petite infection à l’œil (les lentilles et l’eau salée ne font pas bon ménage !). L’ambiance y est très hippie, la plupart des boutiques vendant des vêtements et bijoux colorés, des livres d’ésoterisme ou de médecine naturelle. La ville en soit n’a rien de particulier mais reste un petit stop agréable !

Pique-nique à Bellingen

New England National Park

Après Bellingen : c’est l’aventure ! Ca y est, les embruns marins se font presque loin puisque nous avons passé une petite chaine de collines et nous trouvons désormais de l’autre côté. La route se fait plus vallonnée et nous quittons les grandes autoroutes pour des routes en lacet silencieuses qui filent entre les forêts gigantesques. Ici, les parcs nationaux et la possibilité de randonnées succèdent tant qu’il est difficile de choisir notre voie.

Nous optons toutefois pour le New England National Park qui promet un mélange de belles randonnées, de points de vue et de cascades. C’est là où nous renfilerons pour la première fois nos chaussures de randonnées pour découvrir l’Australie par ses chemins de terre !

Ces forêts foisonnantes, aux arbres tordues, aux fougères géantes et aux feuilles vert émeraude nous rappelle les forêts tropicales d’Equateur. Mais le chemin goudronné (oui oui !), les quelques eucalyptus et les individus que nous croisons (comme les cacatoès ou les incroyables oiseaux lyre !) nous ramènent bel et bien en Australie !

Des wallabies à Ebor

Nous passons la nuit sur l’aire de camping gratuite de la minuscule ville d’Ebor. Nous découvrons alors un tout autre visage de l’Australie. Nous ne pouvons pas vraiment dire que nous sommes au cœur de l’Australie et pourtant, le changement d’atmosphère est flagrant pour nous. Les villes se font minuscules, quelques maisons en bois, des fermes entourées d’immenses terrains nus s’éparpillent de part et d’autres de la route poussiéreuse. Nous dépassons des stations service qui ont l’air abandonnées et des hôtel de ville à la peinture défraichie sous le soleil. Les forêts se font plus clairsemées et tout, absolument tout, de la terre, aux arbres en passant par l’air sur notre peau devient plus sec.

L’aire de camping d’Ebor située à la sortie de la ville semble perdue au milieu de nul part. Nous sommes tout seul, sur un petit chemin abrité de la route par des eucalyptus. Enfin « seuls », c’est ce que nous croyons ! Nous avons le plaisir de recevoir la visite d’un opossum qui vient voir de plus près ce que nous avons cuisiné ce soir-là…

On n’a pas de photo de opossum, mais ça donne une idée !

Le matin se lève calme et frais dans une lumière dorée et tandis que nous prenons notre petit déjeuner, quand soudain, nous repérons un léger mouvement à l’autre bout du camping. Là, parmi les taches de couleurs ocre et brune se détachent des ombres mouvantes… des wallabies ! Toute une famille de wallabies, avec des adultes et des bébés qui traversent le terrain en farfouillant dans les herbes. Ils finissent par s’enfuir en nous voyant approcher, les petits courant devant les mamans, les adultes les protégeant. La journée démarre pas trop mal ! Nous entamons la matinée en allant voir l’Ebor Falls, la grande cascade à deux pas de notre camping.

L’aire de camping d’Ebor
Coucou !
Ebor Falls

Cathedral Rock National Park

Nous prenons le temps de découvrir le parc national de Cathedral Rock qui tient son nom des immenses morceaux de roches éparpillés au travers d’une grande forêt d’eucalyptus. A la manière dont ils sont agencés, ils font penser à un jeu de cube pour enfant répandu par terre. Certains blocs sont montés les uns sur les autres et tiennent en équilibre on ne sait trop comment quand d’autres ont simplement l’air d’avoir roulé dans tous les sens.

La randonnée de « Cathedral rock track » promet une belle balade dans la forêt avant d’escalader quelques un de ces gigantesques morceaux de pierre et de sortir de la couverture des arbres pour un point de vue à 360° sur le parc.

Sur la route vers Armidale, tombeau des kangourous…

En reprenant notre chemin direction Armidale, nous découvrons alors une facette de l’Australie que nous allons détester. A l’approche de la ville, nous dépassons un panneau au bord de la route indiquant que la région est en crise de sécheresse depuis une dizaine d’année. Le contraire nous aurait étonné vu l’état des terres que nous traversons…

Mais voici le pire : le long de la route, tous les kilomètres, nous rencontrons sur le bas côté… des cadavres de kangourous. Percutés par les voitures, affolés, probablement à la recherche d’eau, ils n’ont rien à faire si près de la route. Je ne pensais pas que nous allions croiser autant de cadavres ainsi au bord de la route… Sans exagérer, ce sont des centaines de kangourous affalés dans la poussière. Triste spectacle. Et en entrant à Armidale, nous découvrons avec surprise de magnifiques pelouses vertes bien entretenues aux abords des grands pavillons blancs, les arrosages automatiques parfois encore en marche… Le monde semble marcher sur la tête.

Un parc tout sec à Armidale

Petite anecdote : sur notre route, nous avons tout de même eu l’occasion de sauver un petit échidné ! Il s’agit d’une sorte de gros hérisson, espèce en danger que l’on trouve plus qu’en Australie et en Nouvelle-Guinée. Il traversait la route complètement affolé par les voitures qui passaient à toute vitesse. Nous nous sommes arrêtés ainsi que deux autres voitures pour lui venir en aide sauf qu’il faut bien avouer qu’arrivés devant la bestiole, nous n’avions aucune idée de comment l’attraper sans se blesser ! Un australien qui s’est arrêté a eu la bonne idée de l’enrouler dans sa veste en cuir et de le transférer dans un champ un peu plus loin…

Armidale

Nous nous arrêtons quelques heures à Armidale, première « ville » depuis Bellingen. Nous nous promenons avec curiosité dans les quelques rues qui tentent de conserver un air du passé : ici le bâtiment conservé des services de la poste, là un vieux pub, le musée folklorique (qui présente des objets anciens et la vie quotidienne dans ce coin de l’Australie au 19ème siècle) ou encore la jolie église en brique d’Armidale. Découvrir ces jolis vestiges du passé est un plaisir pour les yeux !

Le musée folklorique

Uralla

Peu après Armidale, c’est le camping gratuit tout près d’Uralla qui nous accueille pour la nuit. Notre arrêt ici est motivé par la vue sur les grandioses chutes d’Uralla !

Petite balade autour des chutes d’Uralla

Uralla est connue pour avoir abrité de capitaine Thunderbolt : un célèbre « bushranger » d’Australie. Les Bushrangers étaient des condamnés anglais envoyés en Australie loin des yeux ! Réussissant à s’échapper, ils utilisaient la « brousse » (la campagne) pour se cacher et continuer à mener des activités de bandits. Plusieurs mentions au capitaine Thunderbolt sont faites dans la ville d’Uralla.

Dans les rues d’Uralla
Pub Thunderbolt à Uralla

Uralla est l’exemple typique d’une des innombrables petites villes du « centre » de l’Australie que nous avons traversées. La vie semble plus calme, tout le monde se connaît et se retrouve au pub du coin, les petites boutiques tiennent on ne sait trop comment. Les histoires locales ont toute une importance et sont pourtant vite oubliées dès que l’on quitte la ville. Il y a à la fois un certain ennui et un calme appréciable.

Une élection locale de la miss de la ville !

Des aventures à Walcha

Un petit détour hors de l’A15, vers des endroits toujours plus « reculés » (même si encore une fois, on est à 200 km de la côte…), nous mène vers le village de Walcha. Pour la petite histoire, nous y arrivons de nuit et ne faisons alors que passer pour rejoindre le camping gratuit plus loin, au niveau de Aspley Falls. Et ce soir-là nous attend de belles sueurs froides ! La nuit commence à tomber tandis que nous nous installons pour camper. Mais nous ne sommes pas seuls ! Un cowboy (un vrai !) nous aborde. Au travers de son accent australien à couper au couteau, nous comprenons qu’il souhaite nous avertir que l’on risque d’entendre des coups de feu cette nuit : il compte tuer quelques kangourous qui trainent autour de sa ferme car ils entrent sur ses terres et viennent boire l’eau (ressource précieuse) de ses bêtes… L’ambiance est installée !

Un peu plus tard, je dois participer à un entretien professionnel (nous sommes toujours en train de postuler pour préparer notre retour en France !). Confiants dans notre petite box internet qui ne nous avait jamais fait défaut, nous nous installons pour camper et j’allume mon ordinateur, prête à me connecter en visio. Et là, catastrophe, aucun réseau ! C’est la première fois (et la seule), que notre box n’arrive vraiment pas à capter internet… Nous pesons le pour et le contre entre le fait que cet entretien est important pour moi et le fait que la solution serait de reprendre le volant du van de nuit pour essayer de trouver du réseau à Walcha. Or n’oublions pas que rouler la nuit en Australie est à éviter au maximum ! Les routes ne sont pas du tout protégées du passage de la faune sauvage (principalement des kangourous). C’est pour cela que la plupart des véhicules ont un part buffle, ces rencontres sont relativement fréquentes ! Et nous n’avons vraiment pas envie de participer au massacre du bord des routes…

Reprendre la route ?

Nous finissons par prendre la décision de tenter le coup : nous remballons rapidement toute notre installation et prenons le volant, pas très rassurés à l’idée de rouler de nuit. Les pleins phares sont allumés et nous allons relativement lentement, scrutant la nuit et les bas côtés de la route à l’affut du moindre mouvement. Nous finissons par rejoindre Walcha sans mauvaises rencontres et dégottons un bout de wifi devant un diner en train de fermer. Bien que Walcha soit un minuscule village, l’impression de retrouver « la civilisation » sous les lampadaires de la ville est manifeste ! J’arrive à peine à envoyer un mail avec le peu de réseau disponible, il est près de 2h après l’heure prévu de l’entretien, c’est donc râpé pour une visio. Nous finissons par retourner à notre campement tout aussi prudemment et passons une nuit tranquille. Cet évènement aura finalement peu de conséquences à part une sacré aventure à raconter !

On remballe tout et on repart ! (Mais de nuit…)
Nous nous arrêtons devant ce diner qui baigne dans son jus

Au petit matin, nous découvrons enfin les alentours de notre campement et surtout, son incroyable point de vue sur les Aspley Falls ! Tout au bout de notre campement se trouve un immense cratère, mini canyon à lui tout seul où se jettent les Aspley Falls. Enfin, ce qu’il en reste à cette période puisqu’elles sont presque complètement à sec ! Un mince filet d’eau dégouline tant bien que mal entre les rochers brûlant pour rejoindre une minuscule réserve d’eau tout au fond du cratère.

Où est passée l’eau ?

Le spectacle n’en reste pas moins impressionnant, d’autant plus que nous sommes tout seuls pour en profiter ! Une balade d’environ 2h (6km) permet de faire le tour du cratère et de rencontrer quelques wallabies en vadrouille.

Coucou toi !

Tamworth – capitale de la country

Nous poursuivons notre route et rencontrons Tamworth, la capitale australienne de la country ! Chaque année en janvier se tient le deuxième plus grand festival de country au monde (le premier étant à Nashville). Tamworth est également une des plus importantes villes du « centre » de l’Australie et nous y retrouvons effectivement de grandes rues commerçantes, où l’ambiance des grandes chaînes de restaurants est bien loin de celle des petits diners (comme à Walcha), aussi poussiéreux que la route au bord de laquelle ils se trouvent.

Un grand nom de la country

Nous ne ferons que passer à Tamworth, désireux de retrouver le calme des campings sauvages et peu intéressés par cette ville moderne. Mais la ville nous laissera un dernier souvenir très particulier : au moment de récupérer notre van sur le parking où nous l’avons laissé, nous entendons un bruit très particulier : des sortes de bruissements d’aile : c’est fort, ça palpite, nous ne comprenons pas ce qui se passe. Au loin, des arbres semblent envahis de gros insectes… Nous nous approchons pour découvrir qu’il s’agit en fait de milliers de chauve-souris qui tournent autour de ces arbres ! Ces grosses chauves-souris sont frugivores et ne présentent aucun danger, juste un spectacle étonnant !

Des grappes de chauves-souris

Murrurundi

Dernier arrêt notable sur la route de notre petit incartade avant de retrouver l’A1 qui longe la côte : Murrurundi. Il s’agit encore une fois d’une de ces minuscules villes endormies traversées en son coeur par les camions qui roulent à toute vitesse et ne laissent derrière eux qu’un nouveau nuage de poussière. Nous décidons de nous arrêter un peu au hasard, bizarrement attirés par ces villes où on ne croise pas un chat. Un pub vide où les verres s’encrassent, une petite boutique de poterie artisanal, un restaurant chinois, un musée… et c’est à peu près tout.

Nous sommes toutefois attirés par une vieille maison en bois gardée par deux vieilles femmes. Il s’agit du « Settler’s Cottage », une maison construite en 1889 et qui rassemble toutes les reliques de l’époque. A travers les quelques pièces du cottage et en écoutant les histoires de nos gentilles guides (dont l’une n’est autre que la descendante de la famille qui a vécu dans cette maison), on découvre la vie de l’époque dans toute sa simplicité et rusticité. Il y a des centaines d’objets qui nous ramènent à l’Australie à l’époque de sa colonisation. Visite toute simple mais très sympa ! (Vous pouvez donner ce que vous voulez à la fin pour payer la visite et contribuer à la sauvegarde de cet endroit).

The Settler’s Cottage

Vous l’aurez compris, notre regard sur l’Australie commence doucement mais sûrement à se teinter d’ombre. D’un côté, nous sommes ébahis par la beauté des paysages que l’on traverse et ces ambiances si particulière de coucher de soleil orange sur des terres peuplées de kangourous en balade, de l’autre, nous ne pouvons nous empêcher de constater avec écoeurement à quel point le pays semble bien peu se préoccuper de préserver cet environnement… Affaire à suivre !

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Bonne route !

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