Deux semaines à 3 !

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit en Australie. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

Après 3 semaines de vadrouille le long de la côte est, nous sommes rentrés à Sydney pour accueillir notre amie Dounia, qui a eu la folle idée de s’embarquer pour 2 semaines de voyage à nos côtés. Quelle émotion que de retrouver une tête connue aussi loin de chez nous ! Après tant de temps loin de tout ce que nous connaissions, baignés dans d’autres cultures, d’autres langues, sans attache, c’était un plaisir incroyable de retrouver enfin quelqu’un que nous connaissions si bien. Et en même temps, une impression très étrange à l’idée de se trouver ensemble de l’autre côté de la Terre !

A l’aéroport de Sydney

Pour ces deux semaines, nous avions préparé tous les 3 un joli programme permettant de goûter différentes facettes de l’Australie : un peu de côte et de plages magnifiques, un passage par la campagne australienne et les forêts d’eucalyptus, une visite à l’hôpital des koalas, et quelques jours à Sydney pour terminer en beauté. Nous avions hâte de découvrir son regard neuf sur ce pays, sur notre mode de vie et aussi sur nous-même, certainement un peu changés au bout d’un an de voyage autour du monde.

Le programme sur 2 semaines

Le début des aventures…

C’est à l’aéroport de Sydney que nous nous sommes retrouvés et que nous avons pu démarrer cette nouvelle aventure à 3. Comme il faisait déjà nuit lors de son arrivée, il nous fallait en premier lieu trouver un endroit où dormir et nous n’avons pu lui laisser beaucoup de temps pour souffler : nous avons embarqué Dounia à bord de notre van, sur la route, direction la première aire de repos gratuite à la sortie de Sydney (aire de Moony Moony). Ce fut certainement un drôle d’accueil pour elle que d’arriver en pleine nuit sur cette aire d’autoroute habitée par des dindons (oui, vous avez bien lu !). Mais le lever du soleil découvrant les falaises alentour, invisibles de nuit, allait certainement lui mettre un peu de baume au cœur !

Une fois installée, ses quelques affaires ayant trouvé leur place aux côtés des nôtres dans les rangements du van, nous avons pu prendre le temps de fêter son arrivée : pour l’occasion, nous avons cuisiné des hots dogs et avons profité de notre première invitée à bord de Turtle ! Nous n’étions pas peu fiers de lui présenter notre petite « maison » sur roues, mais aussi, et ce dès le lendemain, de lui faire découvrir notre mode de vie : ses libertés et son émerveillement quotidien ! (et aussi un peu, notre réalité et ses contraintes !).

Hot dogs faits maison !

Le lendemain, nous prenions la route vers le nord et lui faisions découvrir le bonheur de rouler au petit matin sur les routes australiennes, de longer la côte en écoutant de la musique les fenêtres ouvertes en n’ayant aucune autre pensée que la merveilleuse journée qui nous attendait.

Gosford – Spoon Bay

Premier arrêt : Gosford, à seulement quelques kilomètres de Sydney. L’idée étant de plonger notre amie directement dans le grand bain, de lui en mettre tout de suite plein les yeux, de lui donner de « l’Australie » avec un grand A en lui faisant découvrir une de ces immenses plages de cartes postales au sable blanc et à l’eau turquoise.

Bienvenue en Australie !
Wamberal Beach

Nous nous sommes arrêtés à Wamberal Beach, où seuls au monde, nous avons profité de la fraîcheur du matin pour courir dans le sable encore frais, écouter les vagues et se raconter les dernières nouvelles. Nous avons eu l’immense chance d’observer des ailerons de dauphins à l’horizon qui semblaient venus tout exprès pour rendre cette journée encore plus parfaite. Ce fut très rafraichissant pour nous de voir son émerveillement face à ces paysages et de réaliser de nouveau nous aussi ce que nous avions la chance de voir à travers ce voyage. Non pas que nous n’en étions pas conscients mais la routine fini toujours par nous rattraper quoi que l’on fasse, même à l’autre bout du monde et les piqûres de rappel que tout cela est exceptionnel ne font jamais de mal !

Un petit sentier le long de la côte permet de profiter de point de vue plus sauvages, d’alterner entre les pieds dans le sable et balade à l’ombre des eucalyptus.

Après une première nuit sur une aire d’autoroute (certes jolie mais sans commodités), nous avions prévu ce soir-là un peu plus de confort en rejoignant un véritable camping pour profiter d’une douche bien chaude. Nous avons roulé jusque la ville de Newcastle et, insouciants de l’heure, nous nous sommes arrêtés pour faire quelques courses pour la douce soirée en perspective (du cidre local notamment !). Mais ce fut une bien mauvaise idée puisque nous avons débarqué au camping à 18h05, quand celui-ci fermait ses portes à 18h00… Bien fatigués de la journée et impatients de se poser au calme pour la nuit, il faut avouer que nous étions sacrément dégoutés ! 18h00, cela ne paraît pas tard comme cela, mais n’oublions pas qu’en Australie, on évite au maximum de rouler la nuit si on ne souhaite pas risquer de rencontrer des kangourous qui se baladent sur la route… Donc se mettre en quête d’un nouvel endroit pour dormir à cette heure-ci n’est pas anodin.

Mais bon, on se remotive, on reprends le volant et on repars ! Nous comprenons bien sûr que les campings nous sont désormais exclus et qu’il s’agit de trouver une aire d’autoroute, si possible pas trop craignos… Nous finissons pas nous arrêter sur une aire tout ce qu’il y a de plus banal bondée d’autres vans. Eh oui, la vie « réelle » en van est bien plus celle-ci que celle des magnifiques spots de campings dans des lieux sauvages… On déplie la table, on fait chauffer les plaques de cuisson et surtout on décapsule les cidres et la soirée peut commencer ! Finalement, notre bonne humeur l’emportera sur la situation et nous rirons surtout du fait que nous avions répété à Dounia tout au long de la journée que « ça ne pouvait pas être pire » que l’aire de la veille 😉

Gloucester et le parc national des Barrington Tops

Le lendemain, nous décidons de faire un petit arrêt internet à la bibliothèque de Kurri Kurri et nous en profitons pour donner un aperçu de l’allure d’un de ces hameaux oubliés d’Australie. Une rue principale brûlée par le soleil, quelques boutiques endormies, des camions qui passent sans s’arrêter et un certain charme désuet ! Nous avons ensuite quitté la fameuse A1, l’autoroute qui suit la côte est pour nous diriger vers la ville de Gloucester et le Parc National des Barrington Tops. Nous quittons la côte vers la « campagne » australienne plus sauvage.

Bienvenue à Gloucester !

De même que lors de notre première escapade vers l’ouest entre Bellingen et Tamworth, nous sommes à moins de 100 km de la côte et pourtant, nous avons l’impression d’avoir complètement changé d’ambiance ! Nous retrouvons le calme de ces grandes forêts d’eucalyptus, de ces routes sableuses, et de ces petites villes où quelques pauvres âmes errent dans les rues endormies. Le camping poussiéreux et quasiment vide en dehors des personnes y vivant « à l’année » de Gloucester nous accueille pour la nuit. Nous profitons des sublimes lumières dorées du soir sur cette terre aride et rechargeons les batteries pour la longue journée de balade qui nous attend le lendemain.

Au camping de Gloucester

Pour découvrir le parc national des Barrington Tops, plutôt que de nous aventurer sur une longue randonnée, nous avons choisi de suivre le Barrington Trail. Il s’agit d’une route non-goudronnée d’une quinzaine de kilomètres qui relie plusieurs petites balades et points de vue. Nous avons ainsi eu un aperçu des forêts humides du Gondwana de l’Australie. Le Gondwana était un supercontinent, morcellement de terre de la préhistoire alors que les continents que nous connaissons aujourd’hui n’étaient pas encore formés. La forêt primaire des Barrington Tops est donc représentative de cette période et des grandes étapes de l’histoire de l’évolution de la Terre et de processus géologiques et biologiques en cours.

En route pour les Barrington Tops !

Cette forêt primaire abrite des espèces végétales et animales originaires de Gondwana en des temps très reculés, dont beaucoup n’ont survécu en grande partie ou uniquement dans ces forêts. L’escarpement des terrains, rendant leur accès difficiles aux hommes, auraient aidé à les préserver. On trouve une grande variété d’eucalyptus, d’arbres des forêts humides et de fougères arborescentes. Certaines des rivières qui coulent dans la région ont été classées « rivières sauvages » ce qui signifie qu’elles sont exceptionnellement pures. Le point culminant du parc est Brumlow Top qui s’élève à une hauteur de 1 586 mètres.

Nous nous sommes laissés transporter à la découverte de la vie de cette forêt et des magnifiques panoramas sur les Barrington tops. Nous n’avons rencontré personne de la journée et avons eu l’impression d’avoir le parc pour nous tout seul. La route cahoteuse nous a également réservé quelques surprises puisque nous avons fait une rencontre inattendue : un gigantesque serpent ! En travers de la route, il est passé tranquillement devant les roues de notre van avant de disparaître dans la forêt… Nous étions bien contents d’être à l’intérieur du van à ce moment-là !

Camping avec les kangourous

Nous sommes redescendus tranquillement le soir des Barrington tops et avons roulé jusqu’à l’aire de camping gratuite de Taree. Nous avions déjà eu l’occasion de camper sur cette aire mais nous voulions absolument la faire découvrir à Dounia tant elle représente pour nous l’ultime expérience de camping en pleine nature ! L’aire de Taree est une grande clairière au milieu d’une forêt d’eucalyptus, pour la trouver, il faut rouler un petit moment sur une piste en terre. Autant dire que la première fois que nous nous y sommes aventurés, bringuebalés ainsi sur cette piste en mauvais état, nous n’étions pas très assurés de ce que nous allions trouver au bout du chemin ! Mais ensuite, l’aire de Taree a des allures de petits coins de paradis habités par des kangourous et des kookaburras.

L’aire de Taree
Un petit kangourou en vadrouille

Un feu entouré de quelques pierres, des bières, un repas fait maison et le monde refait pendant des heures, voilà le programme de cette soirée sous les étoiles. Ce sont ces moments où l’on a l’impression que le temps s’arrête et où on voudrait qu’il en soit ainsi tout le temps nécessaire. Ces moments où on se rend compte sans le réaliser vraiment que nous sommes heureux, là, tous les trois, au fin fond de l’Australie, là où nous n’aurions jamais imaginé y mettre les pieds. Pour ne pas s’arrêter là, nous prendrons le temps au matin de prolonger encore le plaisir en s’offrant un petit déjeuner royal : des pancakes ! Notre idée a eu l’air de plaire à d’autres car trois kookaburras très malins sont même venus jusque dans nos assiettes pour en voler…

Et voici les petits chapardeurs de pancakes !

Notre prochaine étape sur la route est Port Macquari où nous avions prévu de nous rendre tout spécialement pour découvrir l’hôpital à koala dont nous vous parlions dans notre précédent article. Nous avons ensuite poursuivi notre retour tranquillement vers Sydney et avons réalisé un arrêt mémorable à Newcastle pour tenter d’initier Dounia pour la première fois au surf. Mais on ne peut pas dire que les conditions nous ont aidé : nous avons débarqué un jour de véritable tempête ! Comme nous n’envisagions que de prendre quelques mousses au bord de la plage, il n’y avait pas de réel danger pour nous et après quelques essais peu glorieux de chacun de nous, nous avons fini par laisser les planches sur la plage et profiter de l’océan d’une toute autre manière : sauter dans les vagues déchainées ! Plaisir d’enfant retrouvé, peu de surf mais beaucoup d’amusement 😉

Nous sommes ensuite revenus à Sydney, choisissant cette fois-ci un camping payant de Lane Cove dans Sydney même pour ne pas perdre de temps en trajet pour apprécier la ville. Nous profiterons de découvrir tous les trois la ville avant de nous accorder une dernière petite aventure aux Blue Mountains !

Les Blue Mountains

A seulement 100km à l’ouest de Sydney et accessibles en train, les Blue Mountains sont une destination très prisée des sydnéens pour le week-end. Les « montagnes bleues » sont une chaîne de montagne dont le point culminant, One Tree Hill, s’élève à 1112m. La végétation principale des crêtes est constituée de forêts d’eucalyptus et leur nom vient d’ailleurs du reflet bleu généré par les essences volatiles d’eucalyptus. Ces montagnes sont également creusées de profondes gorges qui abritent souvent des forêt tempérée. Le Parc National des Blues Mountains est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Vous voyez ce joli reflet bleuté ?

Nous nous arrêtons à Katoomba, la ville la plus importante des Blue Mountains, où se trouve également un des points de vue les plus renommés sur le parc National : celui des Three Sisters. Il doit son nom à la forme que prend la roche à cet endroit là : 3 immenses pics de calcaire taillés par l’érosion du vent et de la pluie se détachant sur la vallée Jamison recouverte d’eucalyptus. Et la vue est spectaculaire !

A gauche : The Three Sisters !

Un escalier tortueux permet de s’aventurer un peu plus bas et surtout, de démarrer le Dardanelles Pass Loop walking track : une randonnée de 3h qui fait descend dans cette vallée, au cœur de la forêt tempérée. Après la foule présente au point de vue, nous sommes heureux de descendre dans le calme et le frais à l’ombre de cette forêt, où les touristes se font beaucoup moins nombreux. Heureux également de profiter de cet endroit plus que par un simple coup d’œil à la vue magnifique, mais aussi en foulant la terre avec nos chaussures de randonnée, prenant le temps de l’apprécier d’une autre manière.

Pour descendre au plus près des Three Sisters
En s’aventurant dans la forêt primaire

Petit aparté sur l’oiseau lyre que nous avons eu la chance de croiser sur notre chemin : les oiseaux-lyres sont des oiseaux terrestres (c’est à dire qui vivent au sol) qui a la particularité de pouvoir chanter mais surtout d’imiter les sons d’autres animaux ou même d’autres sons mécaniques ! Lors de la période nuptiale, il parade en ramenant sa queue vers l’avant de manière à ce que les plumes blanches forment un dais au-dessus de sa tête et que les plumes de la « lyre » se retrouvent vers l’extérieur sur les côtés. Dans cette position, il chante, tout en se pavanant en rythme, d’une voix mélodieuse et portant loin, entrecoupée de parfaites imitations d’autres sons ! On vous laisse plutôt juger par ici.

Coucou toi ! Voici un oiseau lyre

Les chutes d’eau au fond de la vallée laissent place à de grandes parois rocheuses, qui laissent place à leur tour à de magnifiques point de vue lorsque le sentier remonte de l’autre côté. Nous parviendrons sur le dernier morceau de ce chemin de randonnée, celui qui longe l’arrête de la montagne du côté de Katoomba jusqu’à rejoindre le point de vue principal au coucher du soleil. Et quel spectacle ! S’il y a une image de l’Australie à garder, c’est celle-ci !

La lumière du soleil couchant fait flamboyer les parois rocheuses orangées qui émergent ça et là au dessus de cette forêt primaire qui semble préserver certains mystères. Au dessus, se détache le bleu de la forêt d’eucalyptus et de quelques uns d’entre eux qui laissent dépasser leur tête au dessus de la foule d’arbres plus modestes. Dans la lumière bleu pâle du ciel se détachent parfois de grands oiseaux blancs que sont les cacatoès (aux cris absolument pas romantiques pour un sous par contre !). La légende dit qu’une certaine demande en mariage aurait eu lieu à cet instant précis 😉

Nous retrouverons Sydney le soir-même, fêtant la nouvelle par une petite virée dans un bar de Newtown ! Le lendemain annonçant le retour de Dounia en France est arrivé bien trop vite à notre goût ! Cette parenthèse à trois nous a paru à la fois extrêmement riche et pourtant le temps est passé sans que nous n’ayons eu le temps de dire ouf ! Il était étrange de laisser notre amie retrouver « la maison » (c’est à dire la France), tandis que nous poursuivions notre route, 4 mois de vadrouille encore devant nous. Une pointe de nostalgie nous donnait bien évidemment l’envie de rentrer avec elle tandis que le reste de notre coeur voulait profiter d’autant plus de la fin approchante de ce voyage. La visite de notre amie et la possibilité de partager tout cela avec elle aura vraiment été un temps fort de ce voyage !

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