Chili – La tranquille île de Chiloé

Histoire d’un road-trip au bout du monde

Si vous voulez vous mettre encore un peu plus dans l’ambiance, je vous conseille d’écouter ceci en même temps 😉

Une fois n’est pas coutume, pour la première fois de notre voyage, nous nous sommes offert le luxe de louer une voiture personnelle durant 4 jours pour découvrir l’île de Chiloé ! Mais pourquoi donc alors que le stop semblait si bien marcher ?

Avec environ 170 km du nord au sud, Chiloé n’est premièrement pas toute petite. Des bus permettent de la traverser et le stop fonctionne plutôt bien (comme partout ailleurs au Chili), oui, sauf que ça semble surtout vrai sur la partie goudronnée de Chiloé, c’est-à-dire celle qui relie globalement Ancud à Castro puis Quellón, les agglomérations les plus importantes de l’île. Mais là où les choses deviennent vraiment intéressantes, c’est justement lorsque l’on quitte la panaméricaine (ruta 5) qui traverse l’île pour se perdre dans les innombrables routes en terre qui relient villages et hameaux de l’île où il y a beaucoup moins de passages. Nous avions lu pas mal d’avis de voyageurs, même des invétérés de l’auto-stop, dire que Chiloé avait peut-être été un de leurs regrets du voyage, ne pouvant en apprécier toute la richesse sauvage hors des sentiers battus (pour une fois, cette expression prends tout son sens !).

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit au Chili. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

En nous renseignant sur Chiloé, nous ne désirions que d’une chose : pouvoir trouver les endroits les plus reculés, ceux où personnes n’irait y faire un détour à moins d’y habiter, et planter notre tente sur des plages sauvages, au milieu de prairie déserte, là où personne ne viendrait nous trouver. Un petit coup de pouce de nos parents nous ont permis ce petit luxe tombant à point nommé et nous avons opté pour la location d’une petite berline pour 4 jours.

Comme la location de la voiture dépassait laaaaargement notre budget, le deal pour nous était d’économiser sur tout le reste : camping sauvage (gratuit), courses au supermarché et repas au réchaud pour limiter les frais, si possible devant un décor sympa. Mais au final… je crois que nous n’aurions simplement pas pu rêver mieux tant cela correspond pleinement à l’idée du Voyage avec un grand V pour nous. Pas de destination préconçue, juste l’idée de découvertes dans un paysage incroyable.

◊ JOUR 1 – De Puerto Montt à Quellón

♦ Embarquement vers Chiloé !

4 jours sur l’île, pour notre rythme d’escargot, c’est assez court. Nous avions organisé notre voyage en préférant rouler la première journée jusqu’à Quellón, à l’extrême sud de l’île puis de remonter ensuite étape par étape pour s’assurer d’être à l’heure pour rendre la voiture à Puerto Montt.

Nous voilà donc parti, 10h du matin, au volant de notre voiture blanche sur les très belles routes du Chili. Nous retrouvons un confort que nous n’avions pas encore eu depuis le début de notre voyage : pas de sacs de 12kg à porter ou à refaire pendant 4 jours, la possibilité d’acheter de la nourriture en plus grande quantité sans avoir à s’inquiéter de devoir porter la fin du paquet de pâtes de la veille, et de la musique, notre musique, dans la voiture, en adaptation constante avec le paysage et nos émotions. Il fait frais mais le soleil brille, la journée s’annonce belle tandis que nous embarquons sur un des navires assurant les quelques kilomètres de traversée entre le continent et l’île (gratuit si vous êtes à pied, 6 500 pesos par personne avec une voiture).

Nous déroulons les premiers kilomètres sur l’île presque seuls, nous nous demandons presque où on bien pu filer les autres voitures qui nous accompagnaient dans l’embarcadère. La panaméricaine traverse une plaine bordée d’arbres et de petites collines au loin et nous avons instinctivement l’impression d’être dans un petit monde à part qui fonctionne à un rythme différent du reste du continent. Ici, tout semble plus simple, plus calme et plus profond à la fois.

♦ Les traditions de Chiloé

Cette impression fut d’ailleurs confirmée, bien des semaines plus tard, par Pedro et son fils Joaquim, originaires de Quellón lorsqu’ils nous ont pris en stop juste avant Punta Arenas, tout au sud du Chili. L’île de Chiloé est une terre de tradition. Sans parler comme l’animateur de Thalassa, en écoutant leurs histoires nous avons réellement compris à quel point la culture de l’île est importante. Par exemple, Pedro nous disait avec fierté combien l’île était cosmopolite : des français, des allemands, des suisses en plus des chiliens forment une grande partie de la population. Sauf qu’au lieu de débarquer avec leur culture européenne, le deal pour vivre sur Chiloé est de s’intégrer à la culture locale : un principe d’entraide extrêmement puissant et qui ne tourne jamais autour de l’argent.

Encore aujourd’hui par exemple, les habitants participent aux mingas  : il s’agit de réunir ses amis, voisins, connaissances autour de travaux communautaires (récoltes, constructions…) ou même parfois autour de sa maison en bois, vide, afin de la déplacer, tractée par des bœufs à un autre endroit de l’île dans le but de fertiliser de nouveau la terre sous la maison, d’avoir une meilleure vue, mais aussi et surtout, de se réunir pour l’évènement et de profiter d’un bon banquet ensuite. La préservation de l’environnement, l’utilisation des ressources naturelles sans les épuiser, la gestion des déchets et de l’eau sont aussi des principes très importants pour les chilotes, ce qui nous a fait beaucoup de bien après avoir traversé des pays qui n’étaient encore que très peu concernés par la question.

Chiloé semble échapper à l’agitation du continent et vivre à une heure différente. La vie y est certainement plus dure (le climat, les ressources, l’isolement), mais certainement plus simple aussi.

♦ Plage de Caulin et drôle d’oiseaux

Au bout d’une dizaine de kilomètres seulement, nous revenons déjà sur notre plan de rouler jusqu’à Quellón sans s’arrêter. Une pancarte en bois sur la droite attirent notre regard : la promesse d’un festival de métal. Nous n’avons aucune idée de sa date, du programme ou du prix mais poussé par l’instinct, nous décidons de tenter tout de même. Il faut dire que cela serait quand même exceptionnel de tomber au beau milieu d’un concert sur cette petite île si tranquille après 6 mois sans avoir vu aucun artiste live ! Nous quittons la grande panaméricaine pour emprunter notre première route en terre en direction de la côte. Nous roulons jusqu’à Caulin, 3 petites baraques en bois au milieu des champs, et nous retrouvons une autre annonce pour ce festival… qui a eu lieu la semaine dernière. Peu importe, nous poursuivons pour atteindre un petit chemin à pied qui mène jusqu’à la mer. Et nous parvenons sur une très longue baie, complètement déserte où seules 3 ou 4 maisons en bois nous tournent le dos de leur grandes baies vitrées. Voilà sûrement ce que nous venions chercher depuis le début.

Nous respirons l’air marin, admirons les couleurs incroyables du soleil matinal sur la mer et nous apercevons nos premiers cygnes à col noir, habitants de cette partie plus australe de l’Amérique du Sud. Il est à peine 11h du matin, mais nous avons déjà le sentiment d’avoir gagné notre journée. Nous repartons, notant l’endroit dans un coin de notre tête, il ferait un bon emplacement pour planter la tente à notre retour, non ?

Un premier cygne à col noir

Nous en verrons tout au long de notre chemin, gardant les eaux bordant l’ile

♦ Direction Castro, la grande ville

Nous revenons sur la panaméricaine, prenons 3 auto-stoppeurs (dont Julia, pétillante italienne que nous retrouverons plus tard, nous croisant sur le chemin, jusqu’en Argentine) et filons vers Castro, ville plus importante, au centre de l’île. Nous sommes heureux de pouvoir rendre l’aide qui nous a été apportée sur le début de notre voyage au Chili en prenant chaque bonne âme qui lève le pouce au bord de la route pour la faire avancer de quelques kilomètres.

Église de Castro

Castro nous accueille avec ses maisons en bois colorées sur pilotis, que l’on appelle des palafitos et sa grande église jaune devant un parc bondé de familles en balade, d’européens qui prennent tout en photo ou de jeunes chiliens qui jonglent pour les voitures dans l’espoir de gagner quelques sous. Mais nous ne sommes pas encore prêts pour revenir si vite à l’agitation d’une ville. Nous nous arrêtons uniquement pour remplir notre coffre de courses pour les 4 prochaines jours au grand supermarché de Castro (le seul de l’île) avant de repartir bien vite.

♦ En route, toujours plus au sud

Nous passons l’après-midi à rouler, traversant l’île du nord au sud, notant au gré des kilomètres les différents aspects de l’île et son caractère qui se fait de plus en plus sauvage. Nous croisons peu de monde, nous avons le temps et cette route juste pour nous. Une petite sieste cachée dans un chemin de terre en bordure d’une forêt et nous repartons aux lueurs du soleil couchant nous enivrant d’une sorte de liberté différente encore de celle expérimentée au cours de ces derniers mois de voyage, frissonnant chaque fois que notre musique colle encore une fois avec le paysage, un virage particulier de la route, ou simplement une sensation ressentie bien au fond de notre cœur.

♦ Plage de Quellón

Nous parvenons enfin sur la plage de Quellón, au bout de la ville, mais nous avons le sentiment que la journée ne s’arrêtera pas là. La plage est assez touristique, des dizaines de personnes profitent encore du soleil de fin d’après-midi pour se baigner dans ces eaux australes de bout du monde en écoutant du reaggaton. L’ambiance est très familiale, très sympa, mais nous ne nous attardons pas. Il est presque 19h et il est temps de trouver un endroit où planter la tente.

Plage de Quellon

Nous reprenons la route sur quelques kilomètres sur un de ces petits chemins caillouteux qui s’écartent des zones plus urbaines. Nous suivons notre instinct, poursuivant le long de la côte. Et très vite, nous tombons sur un petit bout de plage, protégé du vent, ou quelques bateaux de pêches oscillent leur vieille carcasse sur fond d’océan et de montagnes enneigées, annonciatrices de bout du monde.

Oui des gens se baignent dans cette eau qui devait avoisiner les 10°C !

♦ Dormir dans une coque de bateau ?

Nous trouvons un petit bout de gazon caché derrière 2 coques de bateau qui attendent certainement d’être réparées par le petit atelier d’à côté et cela nous semble parfait. Les quelques retardataires de la plage la quittent progressivement et nous nous retrouvons seuls, la plage entièrement à nous, les lumières du soir drapant d’un voile d’or la petite église en bois un peu plus loin.

La tente est plantée et il ne nous reste plus qu’à apprécier nos pâtes à la sauce tomate au réchaud en regardant le soleil se coucher, loin, loin à l’ouest. Même si nous sommes allés encore plus au sud par la suite, je crois que c’est ici, cette nuit-là que l’impression de bout du monde fut la plus forte pour nous.

JOUR 2 – Le sud de l’île, de Quellón à Cucao

♦ Yaldad ou la tranquillité d’un port de pêche oublié

Nous quittons notre emplacement protégé par ces 2 gros bateaux au petit matin après une nuit calme et douce comme on les aime. Quelques céréales avalés à la va-vite en jetant un dernier regard sur ce bout de plage et nous entamons la découverte des coins reculés de l’île en continuant ce chemin de terre vers l’ouest jusqu’à Yaldad, qui sort tout juste de la brume.

Là, c’est un minuscules port de pêche qui nous attendait. Une jetée en pierre, 4 ou 5 petits bateaux colorés et des oiseaux inconnus séchant leur plume sur le rebord des embarcations.

Nous avons l’impression que l’île est figée dans le temps. Nous voyons des bœufs attelés à de petites charrettes en bois près des champs, des maisons chauffées par un vieux poêle à bois et un calme qui ne se connait plus. D’ailleurs, sans vous les raconter en détail, les vieilles légendes de l’île comme le Trauco (qui attire les femmes dans la forêt et les fait tomber enceintes) ou la Brujeria (société secrète des sorciers) sont encore très présentes dans la culture locale.

Église de Yaldad

♦ De vieilles maisons de bois face aux embruns

Nous repartons vers un Quellón encore endormi. Nous rencontrons quelques pêcheurs réparant leur filets et quelques chiens errants bien curieux de nous voir sur leur territoire. Les petites maisons de pêcheurs en bois qui bordent ce bout de côte nous attirent et nous prenons le temps de nous perdre dans ces rues désertes qui donnent sur le port, appréciant chaque vieilles planches à la couleur défraîchie, chaque clous rouillés plantés de travers dans de minuscules fenêtres à carreaux.

Ici tout est en bois, les maisons, les bateaux et les églises

♦ La péninsule d’Auchac et la supérette la plus paumée du monde

Nous décidons alors de nous engager dans la petite péninsule de Auchac sans idée particulière, juste pour voir ce qu’il y a à voir par là-bas. Nos 4 jours sur Chiloé se dérouleront au final sur cette même idée de ne pas trop savoir où on va et que c’est très bien comme ça. Certains pourraient citer les 10 incontournables de l’île, mais nous n’avons pas vraiment vu les choses de cette façon-là. Nous avons simplement apprécié le hasard des chemins, changeant de la côte à la campagne de l’intérieur des terres selon nos envies, allant de villages à peine indiqués sur la carte en hameaux poussiéreux. Peu importe la destination, ce qui a compté fut la sensation d’être quelque part au bout du monde et de prendre le temps d’en apprécier l’atmosphère.

Le midi, mais il n’était jamais vraiment midi car l’heure ne comptait plus, nous faisions de longues pauses, à l’ombre de pins bordant une plage, une église ou un parc pour lire, dessiner ou écrire tout cela sur un bout de papier.

A Auchac, nous faisons quelques courses dans la minuscule supérette de cet autre bout du monde pour repartir avec du pain et quelques gâteaux pour compléter notre pique-nique. La route s’arrête là pour laisser la pointe de la péninsule libre de notre passage.

♦ La plage de Cucao, l’immensité du Pacifique

Nous nous sommes ensuite engagés sur une des rares routes permettant de parvenir à l’ouest de l’île jusqu’à l’immense plage de Cucao. En route, nous passons par le lac de Huillinco qui n’en finit plus de ces eaux bleues foncées et nous parvenons au village de Cucao où nous tombons au beau milieu d’une petite fête de village. Un petit groupe de Chilotes joue de la musique traditionnelle de l’île, racontant son histoire tandis que 4 danseurs animent les festivités en invitant le public à danser sous la fumée du barbecue prometteur qui s’installe à côté. Quelques stands en bois vendent de l’artisanat local, de la sculpture en bois, des pulls tout doux en laine de mouton. Nous quittons ce rassemblement chaleureux pour rejoindre la plage de Cucao, certainement une des plus longues plages que j’ai vu de ma vie avec ses 13 kilomètres d’immensité.

Plage de Cucao

Cette plage représente pour moi exactement une des images que je pouvais avoir du Pacifique. Elle s’étend à l’infini, de telle manière qu’on a l’impression qu’on pourrait marcher pendant des jours et des jours, on serait toujours à en chercher la fin. A notre gauche, l’océan strié de dizaines de lignes de vagues différentes, insondable, presque effrayant par sa puissance. On ne peut s’empêcher de le regarder sans chercher à s’imaginer ces petites îles de Polynésie infiniment loin et peinant à imaginer les premiers aventuriers qui ont tenté de traverser cette barrière inconnue pour voir ce qu’il y avait plus loin.

La brume de cette fin de soirée qui nous enveloppe peu à peu tandis que nous nous aventurons de plus en plus loin fait disparaitre les contours des dunes, nous donnant l’impression que nous ne retrouverons jamais notre chemin. De temps en temps, un vrombissement étrange sur cette plage déserte et c’est un pick-up qui nous dépasse, parfois un ou deux backpackers installés à l’arrière, et qui file certainement vers le parc national situé à l’extrémité nord de la plage.

Le soir tombe et nous décidons que nous passeront la nuit sur cette plage bercée par le murmure des vagues. Nous nous installons contre une dune, protégés du vent et nous sortons notre petite cuisine de fortune le temps de se préparer quelques raviolis. Finalement, lorsqu’il fait quasiment nuit, nous installons la tente à l’abri de notre voiture. Il y a du vent mais ça ne semble pas trop dérangeant.

Notre petite cuisine !

Seulement 2h plus tard, les choses s’énervent un peu, là-dehors. Du sable commence à s’infiltrer dans la tente emporté par le vent à travers les petites aérations de la toile. Nous nous couvrons la tête de nos duvets pour éviter de s’en prendre dans le visage, nos cheveux et nos duvets se couvrant peu à peu de sable. La toile tremble violemment en tout sens. Finalement, nous commençons à prendre peur que la tente ne s’envolent carrément tant les rafales de vent ne semblent pas vouloir s’arrêter et que cela ne finisse sinon par déformer nos arceaux. Il est temps de changer d’endroit ! Nous rapatrions nos affaires dans la voiture en se protégeant les yeux du sable qui vole en tout sens et démontons rapidement mais méthodiquement la tente. Je reste assise à l’intérieur le temps que Clément enlève la toile, de peur que celle-ci ne soit emportée. Nous nous calfeutrons dans la voiture et démarrons pour faire quelques mètres et trouver un endroit plus abrité. C’est là que la pluie se met à tomber violemment sur notre pare-brise. Je me suis mise à rire, comme si le ciel s’était décidé à laisser tomber sur notre tête tout ce qu’il avait en stock ! Nous trouvons sans mal un endroit plus abrité, mais il n’est plus question de ressortir la tente. Nous finirons la nuit dans la voiture un peu sonnés de ce temps inédit !

Belle coïncidence, mais j’étais justement en train de lire « La Horde du Contrevent » d’Alain Damasio à ce moment-là (je le recommande pour ceux qui ne connaissent pas !). On peut dire que j’ai été plongée dans l’histoire 😉

JOUR 3 – La route des églises

♦ La plage de Cucao… l’immensité du Pacifique 2 !

Nous nous réveillons le lendemain un peu… sableux ! Nos cheveux sont recouverts de sables et nos dents crisseront jusqu’à la fin de la journée. Du coup, nous décidons de rejoindre un camping le soir pour pouvoir profiter d’une douche ! Nous quittons la plage de Cucao dans l’idée de revenir vers la côte est de l’île, mais le chemin en terre qui longe la plage de l’autre côté, sur sa partie sud, nous interpelle. Et si on allait voir par là ?

Nous découvrons un point de vue sur la plage qui n’a rien à voir avec celui que nous avions la veille de cette plage brumeuse, presque hostile. Cette fois, le soleil brille et les reflets bleus de l’océan Pacifique nous enveloppent complètement, nous faisant redéfinir tout ce que nous connaissions de l’océan tant cette vision est belle. Cela semble tellement grand, tellement fort, que nous nous sentons minuscule. Il nous semble impossible de pouvoir réellement imaginer ou comprendre ce qui se passe là, au loin, dans cette immensité bleu. En même temps, ce matin-là, nous avons encore une fois de plus une réponse à cette question : « qu’est ce qu’on fait là ? Pourquoi être venu jusqu’ici ? ». Eh bien, pour ça. Pour pouvoir se lever le matin et avoir la chance de profiter de ce spectacle sans limite.

♦ La route des églises de bois

Nous finissons par reprendre la route vers Cucao en sens inverse, repassant avec plaisir près du lac de Huillinco et nous reprenons la route des églises de Chiloé, nous arrêtant à Nercon, puis Castro où nous prenons le temps de rentrer dans cette immense église jaune.

De retour à Castro

Je ne vous en dis pas beaucoup plus sur ces magnifiques églises en bois qui font la réputation de Chiloé car comme toutes choses incroyables que nous avons découverts, Clément a prévu un petit article des 700 Merveilles du Monde !

♦ Péninsule de Rilan, le calme des champs

Nous continuons ensuite sur la petite péninsule faisant face à Castro. Nous passons par Yutuy, Curahue puis Rilan où nous roulons au milieu de champs jaunis par le soleil de fin de journée. Nous avons l’impression qu’il s’agit d’un autre aspect de Chiloé : après les plages sauvages et sans limite, les tranquilles ports de pêches et les lacs intérieurs, voici une campagne cultivée où on a envie de se faire dorer au soleil avec un bon livre. Enfin, nous passerons la nuit non loin de Dalcahue au camping où nous pourrons prendre enfin une douche (froide !) !

Pour s’endormir, facile, il suffit de compter les moutons…

JOUR 4 – le nord de l’île

♦ San Juan, une fabrique de bateau artisanale

Nous terminons notre bout de route des églises en passant par San Juan. Mais là, ce qui nous marque le plus sont ces immenses carcasses de bateaux, entièrement en bois, que des hommes calfatent à la main de bon matin (il s’agit de bourrer les joints entre les lattes de bois de laine mélangé à du goudron, pour étanchéifier le bateau). Nous n’osons pas les déranger mais nous prenons le temps d’observer leurs airs sereins, la peau tannée par le soleil, et l’habilité de leurs gestes sûrs.

Un pont en bois en forme de bateau !

Nous finissons par rejoindre Quemchi avant de revenir à Ancud, la seconde plus « importante » ville de l’île après Castro. De là, nous avons repris les petites routes pour rejoindre la plage de Puñihuil, où parait-il, on peut observer des pingouins !

La sieste de midi à Quemchi

♦ La plage de Puñihuil

Donc, effectivement, on peut en voir sauf que bien sûr, il faut payer un bateau et une excursion car les fameux pingouins se trouvent bien tranquilles sur une petite île en face de la plage.

En route vers les pingouins !

Au final, nous avons trouvé la plage tellement jolie, que nous n’avons pas éprouvé le besoin de se serrer dans un de ces bateaux pour aller embêter nos gentils pingouins et nous avons simplement profité du soleil couchant (j’ai l’impression que tous les meilleurs moments sur cette île ont été au soleil couchant !) et des nombreuses espèces d’oiseaux venant déguster quelques crevettes coincées dans les rochers.

Et puis en repartant, déjà comblés par tout ce que nous avions vu et vécu sur cette île, elle nous a réservé une dernière surprise…

♦ Surprise à la Playa Traiguen

Sur la route de retour pour Ancud, nous décidons de faire un dernier détour pour aller voir la plage de Traiguen. Une grande plage, une falaise, le Pacifique, des rochers à escalader, nous n’en demandons pas plus. Quand soudain, nous voyons une drôle de forme plonger dans l’eau. Nous croyons à des lions de mer… mais non, ce sont bien des dauphins qui s’amusent, là dans la baie ! Impossible de les prendre en photos de là où nous étions mais pour vous donner une idée, il s’agit de dauphins communs du pacifique, de grandes silhouette longilignes de couleur noire et blanche.

Ils plongent, jouent, ils sont trois et s’amusent dans leur monde aquatique, là en bas. C’est fou, c’est beau, merci de nous offrir une chose aussi belle encore une fois !

♦ Une nuit sur la plage de Caulin

Pour passer la nuit, nous avions cette fois une idée très précise de où nous voulions aller : la plage de Caulin découverte le tout premier jour et exactement située entre Ancud et l’embarcadère que nous deviens reprendre le lendemain matin. Mais avant cela, nous avions quelque chose d’important à faire : s’offrir un morceau de saumon frais pêché du matin dans une des poissonneries d’Ancud à seulement 1 euro !

A Caulin, nous nous installons juste à côté d’un petit parc pour enfant, entre cette magnifique plage et une maison en construction. De nouveau, nous sortons notre cuisine de fortune et Clément trouve le moyen de préparer ce saumon à la poêle avec quelques légumes et une sauce aux champignons. Nous mangeons le tout devant le couché de soleil qui est bien vite remplacé par une lune immense qui se lève au bout de la plage et je crois que ce fut l’un des meilleurs repas de ma vie ! Sans rire, le saumon était vraiment dingue !

Petite frayeur avant de nous coucher : nous découvrons que nous sommes apparemment sur le trajet d’une vache qui passe par là et s’arrête à 2 cm juste devant notre voiture. J’ai bien cru qu’elle allait s’assoir dessus ! Mais elle continue son chemin pour aller manger un peu plus loin. Ouf…

C’était un soir d’éclipse de lune, et une immense lune rousse brillant comme en plein jour a accompagnée notre dernière soirée sur l’île

♦ JOUR 5 – au revoir tranquille Chiloé !

Nous quittons Chiloé au petit matin, reprenant l’embarcadère alors surtout occupé par des travailleurs chiliens devant sûrement faire la traversée chaque jour. Nous rendons notre voiture, nous reprenons nos sacs à dos et l’aventure Chiloé est terminée !

Chiloé fut une petite parenthèse dans notre voyage, 4 jours qui on parut bien plus tant nous avons vu et vécu. Chiloé restera pour nous un moment à part, un moment où nous avons échappé à une certaine frénésie de la vie pour prendre le temps d’observer le ballet des étoiles sur l’océan. Une île où la vie semble plus simple, plus rude et plus douce en même temps. Peut-être plus essentielle.

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Bonne route !

7 réponses sur “Chili – La tranquille île de Chiloé”

    1. C’était une découverte incroyable ! Et les photos ne rendent malheureusement pas du bruit des vagues, de l’odeur du vent austral et de la douceur du soleil qui donnent a Chiloé son ambiance incomparable.

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  1. Je n’ai jamais entendu parler de cette île, mais elle a l’air sublime! ça devait être une belle parenthèse dans votre voyage en stop, vous avez bien fait de louer une voiture et de profiter de ce magnifique endroit 😀 des bisous!

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