Amérique du Sud – petit bilan !

Après exactement 6 mois de voyage, nous quittons le contient Sud-Américain pour rejoindre la Nouvelle-Zélande. Nous vous proposons donc un petit bilan (un peu différent de celui que nous avions fait pour vous parler de notre bilan personnel) puisqu’il s’agit plutôt de vous faire un bilan sur notre expérience de l’Amérique du Sud !

Parc du Pasochoa – Equateur

Le titre me paraît d’ailleurs assez pompeux : c’est juste complètement impossible de vous faire un seul bilan sur un continent, 7 pays aux cultures et aux environnements complètement différents et près de 9500 km de différence du nord au sud  C’est comme si on voulait dans un même article, résumer un voyage qui passerait par l’Europe, la Russie, le Moyen-Orient et la Chine ! Nous étions d’ailleurs un peu partis avec l’idée générale d’une certaine homogénéité de tous ces pays hispanophones. Eh bien non ! Mais alors, pas du tout ! Du coup, cet article se transforme plutôt en un vrac de tout ce qui nous est passé par la tête à propos de Cuba, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l’Argentine. Accrochez-vous !

Baños – Equateur

Nous sommes partis le 15 septembre 2018 pour un voyage d’un an et demi en Amérique du Sud, Océanie et Asie du Sud Est ! Voici notre récit en Amérique du Sud. Pour lire le début des aventures, c’est ici.

◊ Sortir de sa zone de confort

C’était véritablement la première fois pour Clément et moi que nous nous jetions dans le grand bain du voyage : une partie du monde dont nous n’avions aucune idée, une culture véritablement différente de la culture occidentale, des pays plutôt pauvres avec parfois des problèmes économiques ou territoriaux bien visibles, tout cela à long terme, avec peu d’argent et personne sur place pour nous aiguiller (à part à Cuba !). Nous sommes donc complètement sortis dès notre arrivée de ce que l’on appelle sa zone de confort.

Medellin – Colombie

Nous avons vu et ressentis des choses que nous n’imaginions pas : nous avons été submergés d’émotion devant des paysages fantastiques, qui semblaient tous infiniment plus grands et plus beaux que tout ce que nous connaissions ou devant la gentillesse de certaines rencontres. Nous avons eu également l’impression que notre connaissance de l’histoire de cette partie du monde était bien lacunaire et que nous savions surtout ce qui s’était passé après l’arrivée des européens, complètement inconscients de la grandeur des peuples qui s’y étaient développés avant. Nous avons découvert la force des croyances et de la religion qui peuvent gouverner tout un quotidien, définir les liens sociaux, être à l’origine des décisions les plus importantes d’une vie.

San Agustin – Colombie

Nous avons parfois eu l’impression d’être de véritables enfants, n’y connaissant rien au monde et devant tout apprendre : voir des hommes et des femmes vivre avec très peu, parfois se battre pour gagner le nécessaire pour nourrir leur famille, des gens travailler dans des conditions qui semblent dater d’une autre époque, tout à fait conscients de la dureté de leur vie (et qu’ailleurs, les choses sont peut-être plus faciles) et pourtant s’estimant heureux de pouvoir vivre sans grave problèmes. Nous nous sommes pris plusieurs claques dans la figure quand nous nous sentis définitivement trop coupables d’avoir la chance de voyager quand d’autres n’auront jamais l’occasion de l’imaginer ou encore quand nous avons compris que la protection de l’environnement et la menace du réchauffement climatique ne pouvaient être à l’ordre du jour de familles qui souhaitent surtout accéder aux loisirs basiques que nous avons eu depuis notre enfance.

La Havane – Cuba

Nous avons pris un plaisir fou à regarder chaque jour les vêtements colorés des femmes péruviennes et boliviennes, à nous sentir ignorant devant la richesse des connaissances en botanique et en plantes médicinales que peuvent avoir certains locaux de l’Amazonie et nous sentir remis à notre place lorsque nous discutions de l’administration de pays 6 fois plus grands que le nôtre. Nous avons navigué entre histoire très ancienne (Incas mais encore avant cela : Moche, Chimu, Nazca…), et histoire plus récente et toujours présente (dictature de Pinochet, guerre du Pacifique entre Chili, Bolivie et le Pérou, crise Vénézuélienne…).

Ingapirca – Equateur

Nous avons appréhendé le temps d’une façon tout autre aussi : ici en général, personne ne va s’offusquer parce que le bus, le taxi ou le bateau à 1h, 2h de retard. A la place, c’était des croix catholiques et des tableaux du Christ qui décoraient les moyens de transport et c’étaient plutôt des parents qui priaient et remerciaient le ciel qu’il n’y ai pas eu d’accident sur la route.

AmaZOOnico – Equateur

Il y a eu énormément de jours parfaits où tout semblait coïncider pour nous faire vivre une expérience incroyable : le temps, l’enchaînement des évènements, les rencontres, l’apprentissage. Il y a eu quelques jours fatiguant, des temps de trajets interminables, un espagnol qui nous restait encore très obscur, des conditions météo parfois compliquées (contrairement à ce que nous imaginions au début : nous avons plutôt eu trop froid que trop chaud !). Nous avons eu le sentiment d’énormément apprendre et très vite sur le fonctionnement du monde, sur les autres et sur nous-mêmes.

Cusco – Pérou

Aujourd’hui, notre zone de confort est certainement un peu plus grande qu’avant. Le mot relativiser a pris tout son sens et s’est inscrit dans nos chairs, nous l’espérons durablement. Mais nous avons surtout l’impression d’avoir seulement entrouvert la porte de quelque chose de bien plus grand.

◊ Un monde toujours plus fragile

Du nord au sud de l’Amérique latine, nous avons eu l’occasion de découvrir certains des endroits les plus beaux de la planète : la forêt amazonienne, les glaciers de Patagonie, le grand désert de sel du Salar d’Uyuni. Mais nous avons également été confrontés de plein fouet à leur fragilité (et aussi à la chance que nous avions de pouvoir encore les observer !).

San Agustin – Colombie

Nous nous sommes rendus compte avec effroi du volume complètement absurde de glaciers qui ont fondu, du recul de la forêt et de son exploitation sans aucun soucis de durabilité, d’une biodiversité énorme et pourtant en danger constant, d’une pollution au déchet plastique qui envahie littéralement les rues et que les gens foulent du pied comme ils le feraient avec des feuilles mortes en automne, de véhicules tellement vieux qu’ils en font tousser la planète.

Après 3h de rando… Laguna Cuicocha – Equateur

Nous avons également été confrontés aux conflits naissants pour s’approprier certaines ressources (les mines de lithium du Salar d’Uyuni ou encore les terres encore sauvages de Patagonie pour l’eau). Nous avons rencontré des populations qui tentent d’agir au mieux et de protéger ces espaces naturels et vitaux (notamment au Chili et en Argentine), de populations qui étaient conscientes de ce qu’il se passait et de ce que cela impliquait mais qui n’avait ni le pouvoir, ni l’argent de pouvoir faire quoi que ce soit et d’autres complètement embrigadés dans la recherche d’un mode de vie à l’américaine supportés de manière presque entêtante par les publicités et les films que nous leur envoyons en quantité industrielle.

Glacier Pastoruri – Pérou (près de 3 km de glace ont été perdus en 10 ans…)

◊ Contraste fort par rapport au monde occidental

A l’heure où nous vous écrivons ces quelques lignes, nous sommes déjà en Nouvelle-Zélande depuis quelques semaines et ce bilan ne saurait être complet sans la description de l’énorme choc que nous avons ressenti en changeant de continent !

La Havane – Cuba

En effet, en étant sur place en Amérique du Sud, nous n’avions pas forcément conscience du contraste culturel et économique entre les deux, probablement car les choses que l’on voit et fait tous les jours finissent par ne plus étonner. Nous avons mesuré le monde qui sépare l’Amérique du Sud de la Nouvelle-Zélande (et de la France en fait car les 2 sont comparables à ce niveau-là) véritablement en la quittant !

Fête de la Mama Negra – Equateur

En débarquant en Nouvelle-Zélande, nous avons retrouvé un mode de vie très proche de celui que nous connaissions en France et nous nous sommes rendu compte du luxe incroyable dans lequel nous vivons ! Cela peut paraître fou, mais retrouver des rues propres et sans défaut, de jolies jardins avec des pelouses bien tondues, des toilettes publiques propres et gratuites, de l’eau potable n’importe où au robinet, des douches chaudes et avec une pression suffisante, et même, pour aller plus loin, des villes où pratiquement tout le monde dors sous un toit chaque nuit et où les enfants ne travaillent pas mais s’inquiètent plutôt de leur prochains jeux vidéo, nous a laissé une drôle d’impression ! A la fois, nous avons retrouvé avec beaucoup de plaisir tout cela (on ne va se mentir !), mais d’un autre côté, une partie de nous trouvait presque tout cela indécent par rapport à tout ce que nous avions vu en Amérique du Sud.

Trinidad – Cuba

Nous ne pouvions oublier les vieilles femmes toutes cabossées transportant 80 kilos sur le dos, celles travaillant avec leur enfant accroché dans une écharpe, les familles d’agriculteurs cultivant encore à la main ou avec une simple charrue tirée par des bœufs, les centaines de personnes montant à bord des bus pour vendre des sucreries ou des sachets de fruits pour quelques centimes, les enfants tentant de gagner un peu d’argent en posant pour les photos des touristes. Ce n’est même plus que nous étions tristes de penser à toute la pauvreté que nous avons pu voir, mais carrément que nous trouvions cela d’une injustice telle qu’elle nous mettait en colère et nous faisant voir d’un œil noir les grands et riches bâtiments en verre d’Auckland.

Ibague – Colombie

Nous avions toujours rêvé de débarquer en Nouvelle-Zélande et de découvrir ce pays qui avait l’air tellement beau et tellement facile à vivre, mais en arrivant, nous nous demandions plutôt comment nous pouvions accepter cela après ce que nous avions vu et expérimenté. Comment peut-on passer sa journée à se préoccuper de son prochain achat plaisir, de la propreté de sa voiture déjà rutilante ou du prochain restaurant chic dans lequel on va aller manger quand on n’a rien fait d’autre pour mériter cela que d’être né au bon endroit ? Toutefois, malgré ce fort sentiment de culpabilité, nous ne pouvions nous empêcher d’être heureux de retrouver le confort auquel nous avons été habitué toute notre vie et que l’on ne questionne même plus, tout simplement car notre cerveau ne peut s’empêcher d’apprécier une bonne douche chaude et des draps propres, bien sûr !

Cratère Rano Kau – Ile de Pâques

Aujourd’hui, nous savons que cela ne sert à rien de cracher dans la soupe, comme on dit, il est humain de ne pas passer sa journée à culpabiliser pour le monde entier. En revanche, être conscient, réellement conscient de tout cela nous paraît primordial. C’est du moins le premier pas à faire pour aller dans une meilleure direction, non ?

Machu Picchu – Pérou

◊ Est-ce compliqué de voyager dans ces pays si différents de chez nous ?

De notre expérience : pas du tout, mais alors pas du tout ! L’image de l’aventurier qui décide d’aller en Amérique Latine pour voir du pays nous paraît un peu exagérée. C’était sans doute vrai il y a 10 ou 15 ans, mais plus du tout aujourd’hui ! Bien sûr, nous ne sommes pas forcément allés nous perdre dans des endroits très reculés (tels que l’Amazonie ou les régions les plus pauvres et rurales), mais il nous semble tout de même qu’il devient de plus en plus rare d’être un pionnier.

Désert de Tatacoa – Colombie

En effet, il faut bien se rendre compte que probablement des centaines de touristes sont déjà passés par tous ces endroits, même en Colombie (qui fait encore souvent peur) ou par exemple en Équateur (qui est souvent méconnu) et que les choses ont probablement déjà été pensées pour vous aider. Nous avons eu la sensation que pratiquement tout avait déjà été pavé pour nous : nous trouvions sans aucun problème les informations sur place ou sur internet, même lorsqu’il s’agissait d’éviter les tours touristiques et de prendre les chemins de traverses (par exemple lorsque nous sommes montés à la montagne aux 7 couleurs au Pérou).

Montagne aux 7 couleurs – Pérou

De plus, il existe aujourd’hui une infinité d’outils pour nous aider à voyager : de la géolocalisation (maps.me), en passant par l’hébergement (booking, airbnb, couchsurfing, ioverlander), le transport (busbud, rome2rio) ou simplement les informations touristiques.

Fitz Roy – Argentine

Dans tous les endroits où nous sommes allés, nous avons également toujours rencontrés des locaux sympathiques, comprenant notre situation (si nous cherchions une infos ou si nous étions perdus, etc.) et désireux de nous aider.

Voyager est donc bel et bien quelque chose de facile aujourd’hui !

La Havane – Cuba

◊ Qu’en est-il de la sécurité ?

Nous nous sommes assez peu sentis en insécurité durant tout notre voyage en Amérique du Sud. Cela ne veut pas dire que tout est rose, mais plutôt que la tendance à la peur qu’inspirent ces pays nous paraît exagérée SI on adopte un comportement adapté, qui relève du bon sens.

Ollantaytambo – Pérou

 De manière générale, et ce dans n’importe quel pays, mieux vaut éviter de se balader de nuit avec toutes vos richesses sur vous dans les grandes villes comme Quito, Santiago du Chili, Bogotá, etc. (mais c’est un peu la même chose en France aussi, non ?). Certains quartiers particulièrement peuvent également être à éviter, ou demander une attention particulière, quand d’autres sont parfaitement tranquilles de jour comme de nuit, il s’agit pour le coup de se renseigner auprès des locaux et de suivre les conseils qu’on vous donne.

Otavalo – Equateur

Il vaut mieux également si possible éviter d’étaler ses richesses : enlever les bijoux trop clinquants, ranger son téléphone et son portefeuille dans son sac, faire attention à l’appareil photo en bandoulière…

Les salines de Maras – Pérou

Les moments les plus « compliqués » pour nous étaient ceux où nous débarquions de nuit dans un endroit inconnu avec nos gros sacs à dos  (donc avec toute notre vie sur le dos) sans trop savoir si nous étions dans un endroit qui pouvait être dangereux et qu’il fallait rejoindre notre hébergement. Nous avons tenté au maximum de l’éviter, mais lorsque nous ne pouvions pas faire autrement, nous n’hésitions pas à simplement monter dans le premier taxi qui passe jusqu’à avoir les idées plus claires le lendemain.

Cotopaxi – Equateur

Dans les bus, cela dépend complètement des pays. Au Pérou par exemple, les « bons » bus (nous vous parlions ici des compagnies à privilégier) sont généralement assez luxueux et chers, ainsi une grande attention est portée à la sécurité des passagers et il ne peut globalement pas se passer grand-chose ! En revanche, en Équateur, les bus sont plutôt basiques et personne ne se préoccupe vraiment de contrôler ce qui s’y passe. Pas de panique, les accidents sont tout de même rares. En général, un conseil est de plutôt mettre vos objets de valeurs en soute plutôt que de les garder sur vous. Il y a plus de chance pour que l’on vienne vous voler quelque chose dans le bus directement plutôt que d’aller chercher et fouiller votre sac en soute qui sont bien souvent étiquetés et sous la garantie de la compagnie de bus.

◊ Comment ça se passe pour parler espagnol ?

Nous avons débarqué en Amérique du Sud avec très peu de connaissance de l’espagnol ! Nous sommes partis de 0 avant de partir, tentant d’apprendre tout seul ce que l’on pouvait en quelques mois sur internet (merci Duolinguo, nous savions dire « j’aime le crabe violet » et « l’ours se bat contre le cheval » !). Autant dire qu’en arrivant, les premiers mots d’espagnol que nous avons prononcé ont sonné bien étranges à nos oreilles !

La Havane – Cuba

Durant les 3 premiers mois, nous avons galéré, ne parvenant pas à finir nos phrases une fois sur deux, évitant parfois de parler pour ne pas nous confronter à nos difficultés, et regrettant de ne pas pouvoir mieux nous exprimer. Mais nous avons continué à travailler dès que nous le pouvions, à apprendre le plus de vocabulaire possible, à provoquer des échanges avec les locaux de plus en plus, et le vrai déclic s’est opéré à notre arrivée au Chili. Là, nous nous sommes lancés à faire du stop et il a fallu prendre son courage à deux mains et tenir des conversations parfois pendant 6h d’affilés avec la même personne ! Et magiquement, nous nous sommes rendus compte que nous arrivions globalement à dire ce que l’on voulait (enfin, pas forcément les idées les plus complexes bien sûr…). Surtout, nous avons pris confiance en nous et nous n’hésitions plus à parler, même en faisant parfois des phrases alambiquées ou d’énormes fautes de conjugaison.

Cours de français à Ibague – Colombie

Au final, nous avons le sentiment de pouvoir aujourd’hui nous débrouiller pour nous faire comprendre dans n’importe quelle situation et tenir une conversation avec quelqu’un sans trop de problème ! Par contre, je pense que nous parlons un espagnol assez étrange ! Tout ce que nous savons dire a été appris en pleine action, c’est-à-dire en écoutant et en retenant les expressions populaires de différents pays. Je ne suis pas bien sûre que nous sachions accorder un verbe comme il faut, mais au moins nous savons nous faire comprendre !

AmaZOOnico – Equateur

De manière générale sur l’ensemble de l’Amérique du Sud, nous avons trouvé que les gens faisaient toujours l’effort de chercher à nous comprendre ou nous aider à nous exprimer. Il y a bien sûr quelques personnes qui nous ont carrément ignorés s’ils ne nous comprenaient pas, mais ce n’est pas la majorité. Nous avons déclenché de nombreux sourires avec notre pauvre accent et on nous a demandé de nombreuses fois « Mais où est-ce que vous avez appris cet espagnol-là ? » car je pense que notre petite tambouille doit être un peu bizarre !

Lac Titicaca – Bolivie

Il y a de grosses différences d’espagnol entre les divers pays d’Amérique du Sud. A Cuba, on ne prononce pas les S, en Argentine on ne dit pas « ll » mais « ch », au Chili… on réinvente l’espagnol pour parler le chilien, complètement à part et on parle en plus très très vite ! Nous avons trouvé qu’il était assez facile de comprendre les locaux au nord (Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie) mais qu’arriver au Chili et en Argentine, c’était une toute autre histoire (c’est comme essayer d’apprendre le Français en plein cœur de la Picardie) ! Bon courage !

Plage d’Anakena – Ile de Pâques

◊ Les rencontres et le tourisme

Nous avons appris que malgré toutes les différences culturelles que nous pouvions avoir avec les locaux que nous rencontrions, il était toujours possible avec un sourire, un mot gentil, une question personnelle de créer une sorte de lien, un terrain de discussion commun où nous pouvions échanger, nous comprendre, apprendre des uns et des autres. Nous avions peur d’être perçu comme des êtres un peu bizarres avec nos 3 têtes de plus que l’autochtone moyen et une peau beaucoup trop blanche pour être honnête, mais nous avons vite compris que nous n’avions rien d’exceptionnel parmi tous les autres voyageurs étant passé au même endroit que nous et ayant fait les mêmes choses que nous.

Otavalo – Equateur

D’un autre côté, nous nous sommes également rendu compte qu’il était très facile de nous retrouver entourés uniquement de personnes comme nous : des voyageurs, entre 20 et 30 ans, européens. Cela paraît bête, mais je pense que c’est bel et bien dans les auberges, avec d’autres voyageurs comme nous que nous avons le plus discuté, ce que nous n’imaginions pas avant de partir. Cela paraît normal, c’est bien le soir, dans la cuisine des auberges que les conversations se créent le plus facilement !

Sud Lipez – Bolivie

Du coup, lorsque nous nous sommes rendus compte qu’en fait, TOUT LE MONDE fait les mêmes choses, veut voir les mêmes choses, etc., on se demande si quelques part, on ne fait pas nous-même partis de ce que l’on appelle le tourisme de masse et on s’interroge sur notre impact.

Noël à Huaraz – Pérou

Nous avons par exemple été choqués de voir le nombre d’enfants qui, à 8 ans, connaissent 3 mots d’anglais pour proposer aux touristes de les prendre en photos en échange de quelques sous… et encore plus choqués du nombre de touristes acceptant !

Ile de Chiloé – Chili

L’Amérique du Sud nous a paru être belle, grande, infinie, chaleureuse et parfois compliquée. Nous avons eu l’impression qu’il y avait beaucoup de choses à en apprendre mais qu’elle était souvent oubliée et méconnue, trop caricaturée par ses problèmes. Nous en repartons avec une tête infiniment plus remplie qu’elle ne l’était en arrivant : de paysages, d’aventures, d’expériences, de questionnement aussi. Nous avons l’impression d’avoir énormément grandis et appris sur le monde et sur nous-même. Ce fut pour nous une expérience passionnante et troublante en même temps, riche, profonde et renversante !

Cerro Castillo – Chili

Nous étions partis pour tout cela, pour apprendre, toujours plus, voir, entendre et ressentir. Nous avons été comblés et bien plus encore. Tout ceci a de loin dépassé ce que nous imaginions.

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Bonne route !

4 réponses sur “Amérique du Sud – petit bilan !”

  1. Votre bilan est très intéressant, enrichissant même, vous démystifiez le fait de faire un voyage autour du monde et vous vous questionnez sur son impact.
    Mais je suis sure que votre ressenti est unique, votre approche auprès des gens, votre sensibilité à voir des jeunes enfants déjà conditionnés au tourisme, des vieilles femmes porter de lourdes charges, des gens être heureux avec peu de moyen, ou encore de constater la pollution des plastiques et le réchauffement climatique, de vous sentir presque gênés d’avoir la chance de faire ce voyage et voir ces magnifiques paysages est en fait le reflet de votre personnalité. Continuez à voir le monde de cette manière et nous le rapporter, c’est géant pour nous.
    Bises

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